Mercredi 12 janvier 2011, les forces de police ont bloqué l’accès aux député-es, aux conseillers de Paris
et conseillers régionaux écologistes venus apporter victuailles et petit mobilier à ceux que l’on peut appeler «les
assiégés de Matignon». Dans une confusion difficile à comprendre, où l’on autorise un temps une chaise à être
introduite mais où un panier de pommes semble constituer une grave menace à l’ordre public, il aura fallu que
nous appelions la préfecture puis le ministère afin de pouvoir pénétrer dans l’immeuble et de faire respecter la
liberté de circulation des représentants de la nation que nous sommes.

Une heure durant, les forces de police auront donc tout fait pour empêcher notre entrée.

Cette occupation symbolique d’un immeuble vacant depuis 5 ans rappelle pourtant que depuis l’élection de Nicolas
Sarkozy la crise du logement n’a cessé de s’aggraver.

La politique pour une «France de propriétaires» a débouché sur des mesures budgétaires et fiscales très coûteuses
sans le moindre résultat pour abaisser le coût d’accès au logement. Dans le même temps, malgré des effets
d’annonce sur le «droit au logement opposable», le désengagement de l’Etat pour le logement social se poursuit.
Rien n’a été fait pour lutter efficacement contre le phénomène des logements vacants et exercer la loi de réquisition.

Les député-es Europe Ecologie – Les Verts ont demandé la tenue à l’Assemblée nationale d’un débat sur l’application
de la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain). Il aura lieu le 3 février. Mais l’attitude des forces policières
ce soir ne participe pas à nous rassurer quant à la volonté de dialogue et d’écoute d’un gouvernement plus
enclin à utiliser la force et ce au mépris des droits les plus élémentaires.

Les députés Europe Ecologie demandent donc :

– que soit reconnue la libre circulation des personnes logées à cette adresse avant que toute décision de justice
soit prise dans le cadre des procédures en cours ;
– que ces mêmes personnes puissent être en mesure de recevoir toute aide médicale et alimentaire nécessaire;
– qu’il ne soit pas permis aux forces de police de se substituer à toute décision de justice;
– que la libre circulation des élu-es soit assurée en ce lieu.

Les parlementaires ont envoyé une lettre au Préfet de police de Paris pour rappeler au respect de leur liberté de
circulation et faire entendre leurs vigoureuses protestations quant au traitement qui leur a été réservé par les
forces de police présentes au 22 de la rue de Matignon.

Les député-es Europe Ecologie-les Verts
Anny Poursinoff, Yves Cochet, Noël Mamère et François de Rugy