Un ancien ministre, ça déménage ou ça ferme sa gueule

“Qu’on ait 20 ans, qu’on soit grand père, quand on est filou, on est filou.”

Chevènement – Apparu et les HLM : la mauvaise foi n’a pas d’âge

Jean-Pierre Chevènement, alias le « Che » en référence à son nom plutôt qu’à ses faits d’armes, ex-ministre à répétition, toujours sénateur du Territoire de Belfort, malgré sa retraite républicaine et ses confortables indemnités, traîne ses souliers dans les logements sociaux. Outre le HLM qu’il a occupé pendant une vingtaine d’années à Belfort et quitté en 2008, le Che occupe actuellement un logement social de 120 m² moitié moins cher que le prix du marché, dans le très prisé arrondissement parisien de Jean Tiberi (5e), tout près du Panthéon. Or, le Panthéon est réservé aux grands hommes, et les logements sociaux aux petits budgets. Autant dire qu’il n’y est pas à sa place…

Pour ajouter du piment à l’histoire, le secrétaire d’Etat au Logement Benoist Apparu, l’homme qui ose tout et son contraire, a osé faire la morale à Jean-Pierre Chevènement : « M. Chevènement est dans les clous de la loi. (…) C’est son problème, lui, dans sa glace, avec sa morale ». Et dans sa glace à lui, Benoist Apparu, que voit-il ?

Entre 2002 et 2008, assistant parlementaire puis chef de cabinet de Xavier Darcos au ministère délégué à l’Enseignement scolaire puis à la Coopération, et enfin député de la Marne, Benoist Apparu a occupé un HLM dans le 4e arrondissement de Paris. Pour un loyer de 672 euros, le modeste député-qui-monte profitait dun 45 m2, tandis que, pour le même prix, les étudiants et les jeunes travailleurs n’ont le droit qu’à un studio.

En 2008, après avoir été épinglé dans la presse, en plein scandale Bolufer, notre nécessiteux eut la présence d’esprit de rendre les clés de son logement social en douce. Il faut dire que le directeur de cabinet de la ministre du Logement de l’époque, qui occupait un luxueux appartement sur le contingent des logements sociaux de la mairie de Paris, avait été poussé à la démission.

Il n’y a que les filous et les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Jeudi Noir souhaite au « Che » de faire de même, ou, s’il résiste au bon sens, aux cris de hasta la victoria siempre, nous appelons Benoist Apparu à faire une exception à la trêve hivernale.

Les logements sociaux sont un bien commun et doivent bénéficier aux plus en galère. Les solutions existent pour inciter les plus riches à quitter les logements sociaux :

-   Faire payer un surloyer de solidarité réellement dissuasif aux riches occupants des logements sociaux et moduler les loyers des HLM en fonction des revenus de leurs locataires

-  Donner la priorité aux ménages modestes dans les logements sociaux, en finançant des logements très sociaux (PLAI) et sociaux (PLUS), plutôt que des logements sociaux pour classes moyennes supérieures (PLS). Mais cela nécessiterait d’augmenter les aides aides à la pierre que Benoist Apparu a drastiquement diminuées…

-   Encadrer les loyers du parc privé pour que les anciens ministres sans le sou puissent y loger dignement et à moindre frais.

Jeudi Noir appelle les anciens, les actuels et les futurs ministre à participer à la Nuit solidaire pour le logement de ce soir, 10 novembre, au Trocadéro, aux côtés des associations de soutien aux mal-logés, pour qu’ils comprennent qui a vraiment besoin de logements à prix réduits.

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