>> Logement précaire, bulle immobilière, happenings en tous genres
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>>Chronique de Jeudi Noir dans Alternatives économiquesUn logement pour étudierLe gouvernement souhaite accentuer l’autonomie des universités. Ne ferait-il pas mieux de se soucier avant tout de l’autonomie des étudiants eux-mêmes ? Une des causes majeures de l’échec des classes populaires en premier cycle réside en effet dans leurs conditions de travail précaires. Sur le plan du logement étudiant en particulier, les moyens n’ont pas suivi la massification de l’université. Les étudiants ne sont que 7 malheureux pourcents à bénéficier d’une des 150 000 places en résidence universitaire ! L’Etat avait bien promis en 2004 de construire 5 000 logements étudiants par an, mais la feuille de route est à un tiers respectée et deux tiers trahie. Les étudiants qui ne peuvent ou ne veulent pas habiter chez leurs parents doivent tenter leur chance sur un marché du logement dérégulé, devenu fou, en payant plusieurs centaines d’euros pour une chambre de bonne. Et les aides personnalisées censées solvabiliser les locataires modestes viennent en réalité alimenter la flambée des prix, car les bailleurs les anticipent et les incluent dans le loyer. Au final, les jeunes, derniers arrivés sur le marché et changeant plus souvent de logement, paient des loyers 4 fois plus chers que leurs aînés, alors qu’ils gagnent moins. Si bien que la facture logement a doublé dans leur budget en 20 ans, et qu’ils doivent travailler plus pour la payer, avec des jobs d’étudiants qui leur laissent donc moins de temps pour étudier. Dans le même temps, des millions de mètres carré de bureaux et logement restent vacants. C’est pourquoi les associations du « ministère de la crise du logement » ont organisé le premier « salon du logement étudiant vraiment pas cher » pour initier les mal-logés à la vie en commun « sans droit ni titre », et lanceront dès la rentrée une vague de réquisitions citoyennes. Pour interpeller les pouvoirs publics et nous loger nous-mêmes, tout simplement. Manuel Domergue, militant de Jeudi Noir pour le logement |