Le CIC, arroseur arrosé, ou quand les pouvoirs publics s’opposent à la spéculation
Bertrand Delanoë, reçu ce matin au « Ministère de la Crise du logement », a confirmé que la Mairie de Paris avait l’intention d’acheter le 24 rue de la Banque pour en faire des logements sociaux, « rapidement et à un prix juste ». Notre Ministère se réjouit de cette annonce et demande que tous les occupants soient relogés.
Le CIC, qui avait choisi de spéculer en entretenant la pénurie, est aujourd’hui pris à son propre piège : ses chances de récupérer un jour son bâtiment en réalisant d’importants profits s’amenuisent de jour en jour.
Fin décembre 2006, quand les associations DAL, MACAQ et Jeudi Noir avaient pris possession du lieu, cela faisait 3 ans que ce bâtiment de 1600 m² était laissé à l’abandon. Un acheteur, la société AmEx, avait pourtant fait une offre en 2003 pour un montant de 6,3 millions d’euros. Mais le CIC, bien décidé à spéculer et à profiter du boom immobilier, avait mis fin aux discussions, s’attirant ainsi une poursuite en justice de la part de l’acquéreur.

Le CIC a poursuivi les occupants et, dans son ordonnance du mardi 6 février, le TGI de Paris condamne les occupants à quitter les lieux, mais reconnaît que cette occupation, qui a pour but de faire évoluer le droit au logement, est généralement « tenue pour légitime ».
Le juge insiste en indiquant que « le Parlement est seul compétent pour modifier l’état de la législation » et que « L’affirmation du droit au logement ne s’est pas accompagnée d’une reconnaissance explicite de sa prééminence sur le droit de propriété ». Prenant la Justice au mot, le Ministère de la Crise du logement vous invite à un rassemblement, jeudi 15 février devant l’Assemblée nationale à 17h (qui sera précédé d’une action spectaculaire et pédagogique à 15h), pour demander un véritable droit au logement opposable.