>> Logement précaire, bulle immobilière, happenings en tous genres
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>>Libération : Un immeuble squatté évacué à ParisUn immeuble squatté évacué à ParisUne trentaine de membres du collectif Jeudi-Noir, qui milite pour un meilleur accès au logement à Paris, ont été expulsés ce matin d’un immeuble qu’ils squattaient depuis deux mois. Cordélia Bonal LIBERATION.FR : mercredi 14 mai 2008 La série des expulsions continue pour Jeudi-Noir. Le collectif qui milite depuis un an et demi pour la cause des jeunes en mal de logement à Paris enchaîne les actions symboliques et a fait du squat (eux préfèrent parler de « réquisition ») des grands immeubles vides de la capitale sa spécialité. Ce mercredi matin, la trentaine d’occupants du 7, impasse Saint-Claude, dans le IIIe arrondissement, ont été évacués manu-militari sans préavis. « L’impasse », c’est près de 2000 m2 vides depuis huit ans (mais déjà squattés par le passé), dont le propriétaire est une SCI (société civile immobilière) qui possède d’autres immeubles à Paris. Sur le trottoir, derrière le cordon de CRS, les expulsés attendent, rejoints pas des élus et voisins venus « en soutien ». « On se savait expulsables, mais on étaient soutenus par la mairie. On n’imaginait pas que les flics débarqueraient comme ça à 6 heures du mat’ en défonçant toutes les portes sans même nous laisser le temps de prendre nos affaires », raconte José. Ce jeune développeur web, passé à mi-temps pour reprendre un master de management en parallèle, en est à sa 4e expulsion cette année. Il est arrivé à « l’impasse » fin février avec une trentaine d’autres personnes fatiguées de se heurter à des 9m2 à prix d’or et de n’avoir pas de réponse à leurs demandes de logement social : des étudiants et des jeunes actifs, pour certains parents de jeunes enfants, qui choisissent le squat autant par nécessité que par militantisme. Logements sociaux Une fois dans les lieux, ces squatteurs propres sur eux, « sans chiens ni drogue », entreprennent des travaux : électricité, plomberie, installation d’extincteurs, tests anti-amiante, peinture, nettoyage... Et espèrent bien jouer les prolongations en médiatisant leur message politique. « Ce sont des gens ultra-responsables », insiste Gauthier Caron-Thibault, l’adjoint au logement de la mairie (PS) du IIIe, en pleine négociation avec le commissaire pour que les occuppants puissent récupérer leur affaires, notamment les ordinateurs, avant qu’ils ne soient envoyés dans un garde-meuble. « Solidaire » du collectif « parce qu’ils attirent à juste titre l’attention sur le problème criant du logement à Paris et font à leur manière avancer la situation », il regrette que la préfecture ait mis ce matin la mairie devant le fait accompli, alors même que la Ville de Paris avait engagé des négociations pour racheter l’immeuble et en faire des logements sociaux. La préfecture, elle, met en avant le danger que représentait pour les occupants certaines installations électriques vétustes et des plaintes du voisinage. Deux accusations dont les occupants se défendent. Encore un peu sonnés, les squatteurs à la rue pensent à la suite. « On a quelques immeubles vides en vue. » |