>> Logement précaire, bulle immobilière, happenings en tous genres
Vous êtes ici : Accueil » Revue de presse
>>Nouvel Obs : la jacquerie des JeunesLa jacquerie des jeunesLe collectif Jeudi noir lance un appel au rassemblement des jeunes pour dénoncer le mal-logement. Une dizaine d’organisations ont déjà signé cette pétition Autant oublier tout de suite vos idées reçues : étudiants ou actifs, les jeunes ne sont pas tous des Tanguy potentiels qui aiment mettre les pieds sous la table et laver leur linge chez papa-maman. Ils n’éprouvent pas non plus de plaisir infini à retourner des steaks toute la journée dans un fast-food pour payer leur loyer ! Conscient de cette réalité, le collectif Jeudi noir, connu pour avoir improvisé des fêtes chez des propriétaires trop gourmands pour dénoncer les dérives du marché immobilier, lance une pétition « Pour sortir les jeunes de la galère ». Unef, MJS, JCR, Confédération étudiante, Fage, Jeunes Verts, ou encore Quitterie Delmas, du MoDem : pour tous les signataires de la plate-forme de propositions, la situation des jeunes face au logement est « catastrophique ». « Les jeunes en ont assez de payer la bulle immobilière. Le droit des propriétaires à s’enrichir ne doit pas passer avant nos conditions de vie ! », martèle le collectif. « On essaie de rassembler toute la jeunesse pour alerter l’opinion, explique Simon Cottin-Marx, de Jeudi noir. Il y a comme un parallèle avec le CPE : nous sommes une génération précarisée, sans débouchés, sans logements... » Lionel Primault, de Jeudi noir aussi, ajoute : « Aujourd’hui, les jeunes actifs, souvent en CDD avec de petits salaires, sont concernés au même titre que les étudiants. Ils sont en complet décalage avec un marché du logement qui demande d’être en CDI et de gagner un max d’argent. » De fait, selon une étude récente de l’Insee, vivre dans un logement convenable et boucler les fins de mois posent souvent problème aux 18-29 ans. 29% d’entre eux vivent dans des logements jugés trop petits, contre 16% pour l’ensemble de la population. Victimes de la double crise de l’emploi et du logement, les jeunes quittent désormais le cocon familial à presque 24 ans, contre 21 ans il y a peu. Pour mettre fin à cette situation, les organisations de jeunes proposent onze mesures chocs allant de l’application de la loi SRU, la construction massive de cités U et le gel des loyers à l’inéligibilité des maires qui « ne font aucun effort pour respecter la loi SRU ». « En ce moment, les propriétaires ne font rien et gagnent plus. Nous, on travaille plus et on paie plus », ironise Simon, menaçant de réquisitionner des logements vides pour les transformer en cités U, comme Jeudi noir l’a fait en octobre 2007, à Paris, en créant la « cité Valérie Pecresse », du nom de la ministre de l’Enseignement supérieur. Ce ton acide a le don d’agacer les organisations de droite. « On ne signera pas ça, lance Olivier Vial, délégué général de FUNI. Ce qu’ils proposent est tout sauf réaliste. Le seul moyen d’influer sur les prix, c’est d’augmenter l’offre, et donc de construire. » Même refus des Jeunes de l’UMP, qui font « confiance à l’engagement de l’Etat ». Quitterie Delmas, du MoDem, n’a par contre pas hésité un instant : « Pour accélérer le mouvement, il faut savoir dépasser les clivages. » L’Unef souligne aussi l’importance de « pousser un coup de gueule commun pour créer un électrochoc. Chaque organisation garde cependant ses propres convictions. L’Unef, contrairement à Jeudi noir, est favorable à une augmentation des APL, précise Camille Miclot, responsable du logement pour le syndicat. Mais si on a tous réussi à se mettre d’accord, c’est bien qu’il y a urgence ! » Une urgence facile à constater, à la terrasse d’un café devant la Sorbonne. « J’ai mis un mois et demi à trouver un logement avec ma coloc, raconte Claire, 22 ans. Un jour, on a visité une sorte de garage aménagé en chambre avec deux lits àAntony. Loyer : 900 euros .’Aujourd’hui, on vit dans un T2 sans salon. » « Pour trouver mon studio, j’étais dans un cybercafé à 7h30 pour regarder les annonces, se souvient Hélène. A 8 heures, premier coup de téléphone. A 10 heures, les répondeurs des proprios étaient déjà saturés ! » Jessica Agache Le Nouvel Observateur 11 propositions pour les jeunes
Plus de détails sur le site internet de « l’Obs » www.nouvelobs.com ou sur www.jeudi-noir.org Le Nouvel Observateur |