Communiqués de presse

communiqués de presse du collectif Jeudi Noir

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Préemption du squat de la rue de Valenciennes : Une grande victoire pour les mal logé-e-s !

Le conseil de Paris a décidé mardi 23 avril d’engager une procédure de préemption sur ce bâtiment, occupé depuis décembre 2012 par des familles et des jeunes précaires avec le soutien de l’association Droit au Logement et du collectif Jeudi Noir. La mairie annonce sa volonté de transformer cet immeuble de bureaux de 1600 m², vacant jusqu’à notre arrivée, en 16 logements sociaux.

C’est une grande victoire pour les mal logé-e-s et Jeudi-Noir. Grâce à notre interpellation, non seulement un immeuble devrait échapper à la spéculation qui étouffe nos centres-villes, mais en plus le parc social progressera dans une ville qui en a tant besoin.

Nous espérons naturellement que les négociations avec les propriétaires aboutiront rapidement. Les habitant-e-s se réjouissent de la perspective d’une sortie par le haut, qui mettrait fin aux procédures judiciaires intentées contre eux tout en trouvant enfin une réelle utilité à ce bâtiment. Le collectif Jeudi Noir souhaite que la soixantaine d’habitant-e-s actuel-le-s puissent être relogés le plus rapidement possible dans le parc social et qu’aucune expulsion évidemment ne soit possible jusqu’au début des travaux. Nous saurons également rappeler à la municipalité que les futurs logements devront être des logements vraiment sociaux et non pas des logements “PLS” prétendument intermédiaires.

« Réquisitionner – Préempter – Reloger » (RPR) : notre slogan est  plus que jamais d’actualité. Heureux hasard du calendrier, l’immeuble du 24 rue de la Banque (75002) réquisitionné en 2006 par le DAL et Jeudi Noir, avant d’être lui aussi racheté et transformé en logements sociaux, sera inauguré officiellement le 6 juin 2013.

En ce jour de réjouissance, trop rare pour les mal logé-e-s, nous n’oublions pas que la lutte contre la vacance passe aussi par la réquisition des logements et bureaux vides. Pourtant, nous ne voyons toujours aucune des réquisitions promises par le gouvernement poindre à l’horizon. Nous rappelons aussi que les expulsions arbitraires continuent et que cette bonne nouvelle ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt des remises à la rue.

Les réquisitions citoyennes continueront parce que pour pouvoir rêver, il faut savoir où dormir !

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Occupons les expulseurs – Rdv vendredi 29 mars à 12h – M° Blanche

Jeudi Noir vs les expulsions locatives : saison 7

C’est le printemps : les hirondelles, les beaux jours, les œufs en chocolat et le retour des expulsions locatives. La gauche est là depuis 10 mois mais le scandale persiste. Chaque année, ce sont 12 000 ménages qui sont délogés de chez eux manu militari par les forces de l’ordre. Leur crime ? Ne plus pouvoir payer des loyers qui sont devenus insoutenables. Et l’on ne compte pas les 120 000 ménages condamnés par la justice à l’expulsion et qui partent d’eux-mêmes, sans bruit. Ni les campements sauvages de Roms, éparpillés façon puzzle pour avoir soit-disant refusé de s’intégrer dans la France de Manuel Valls.

Ces mises à la rue ne sont pas seulement inhumaines, elles sont aussi absurdes. Une fois sur le trottoir, qui va reloger ces familles ? L’Etat, à grands frais dans des hôtels dits sociaux, ou dans des centres d’hébergement lamentables, au lieu d’indemniser les bailleurs en amont pour éviter les expulsions. Au printemps, l’Etat rallume le robinet à SDF qu’il fait mine de regretter quand revient l’hiver. Encore une fois, malgré les promesses, c’est une gestion au thermomètre et à la petite semaine qui reste de mise au moment de sortir du dispositif hivernal, alors que les sans-abris s’obstinent à mourir toute l’année, en moyenne une fois par jour.

Le gouvernement a simplement reculé du 15 mars au 1er avril le début de la saison de la chasse aux pauvres, et s’est engagé à ne plus expulser les ménages reconnus prioritaires au Droit au logement opposable (DALO). Une goutte de charité dans un océan de scandale. En attendant une vraie garantie universelle des loyers et une vraie prévention des expulsions locatives, annoncées dans la loi Duflot 2 pour l’automne 2013, un moratoire sur les expulsions s’impose !

Pour alerter l’opinion, Jeudi Noir a décidé d’occuper les expulseurs, pour leur faire passer le temps et en faire gagner aux familles menacées.

Rdv pour une action coup de poing, haka et sac de couchage, vendredi 29 mars à 12h à la sortie du métro Blanche.

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Jeudi Noir met un coup de pression sur les agences immobilières

Rdv samedi 16 février à 14h à la sortie du métro Goncourt
Vernissage au mousseux d’une grande exposition de pièces justificatives

Il y a 6 ans, première action Jeudi-Noir contre les agences immobilières http://www.dailymotion.com/video/xoqqg_disco-king-et-jeudi-noir_fun#.UR4ixB3TupAv

Après tant d’interpellations, tout va se jouer ces prochaines semaines dans  la lutte acharnée des galériens du logement contre le racket des agences immobilières. Les concertations pour le projet de loi Duflot 2 touchent à leur fin à ce sujet et Jeudi Noir entrevoit de possibles victoires à l’horizon.

Auditionné à plusieurs reprises ces dernières semaines, Jeudi Noir a demandé :

–         La suppression pure et simple des frais d’agence pour les locataires. Les agences défendent les intérêts des bailleurs, pas ceux des locataires. Payer un mois de loyer pour se faire arnaquer par les bailleurs et leurs agents immobiliers, ça suffit ! Sur le marché du travail, les chasseurs de têtes ne sont pas payés par les salariés !

–         L’instauration d’un dossier-type de pièces justificatives à fournir, à la place du florilège actuel de demandes farfelues, humiliantes et intrusives. Une militante de Jeudi Noir s’est récemment vu demander la carte grise du véhicule de ses parents !

–         La création d’une garantie universelle des loyers, en échange de la suppression des cautions solidaires.

–         L’instauration d’un contrat de bail-type, pour éviter toutes les arnaques possibles et imaginables.

–         La mutualisation des dépôts de garantie : il n’y a pas de raison que les propriétaires fassent fructifier toute l’année cet argent qui ne leur appartient pas.

–         L’encadrement des loyers par un miroir à l’allemande, calqué sur les loyers de voisinage et la baisse des loyers de 20%.

–         Interdiction des agences de listes, parce que l’Etat ne peut pas laisser perdurer une escroquerie aussi manifeste.

Sur toutes ces revendications, nous pouvons obtenir des victoires très concrètes, à condition que le gouvernement ne cède pas au lobby des agents immobiliers.

Les droits des locataires sont-ils sur le point d’avancer réellement ? Tout dépend de notre mobilisation, alors samedi, c’est mousseux pour tout le monde !

Rdv samedi 16 février à 14h à la sortie du métro Goncourt
Vernissage au mousseux d’une grande exposition de pièces justificatives

Evénement Facebook :
http://www.facebook.com/events/265567856908919/?ref=22

www.jeudi-noir.org

http://www.facebook.com/pages/Jeudi-Noir/294904923946320

Le CESE adhère à Jeudi Noir !

Jeudi 24 janvier 2013

Les idées du collectif Jeudi Noir progressent. Ce mercredi 23 janvier était présenté le rapport du Conseil économique social et environnemental (CESE) consacré au logement des jeunes par sa rapporteure Claire Guichet, représentante de la FAGE.

Y sont préconisées des mesures qui donnent aux galériens du logement une raison d’entrouvrir le mousseux. Signe des temps ? Les institutions, même celles qui sont d’ordinaire les plus consensuelles, semblent enclines à développer des mesures en adéquation avec l’évolution d’une société où pour se loger il faut avoir quatre garants, trois SMIC et un CDI, mais où les garants, les SMIC et le CDI se font rares.

Le CESE, qui avait auditionné le collectif Jeudi Noir (le compte-rendu de l’audition est ici), reprend nombre de nos principales revendications :

  • Le plafonnement pur et simple des loyers des microsurfaces à la place de la taxe Apparu sur les loyers indécents
  • La mise en place d’un dossier-type des pièces justificatives que peuvent réclamer les bailleurs et les agences immobilières
  • La taxation des bureaux vacants
  • L’obligation de construire 50 % de PLAI (logements très sociaux) parmi les nouveaux HLM, soit 75 000 par an, contre 33 000 prévus dans le budget 2013
  • Le décompte des vrais-faux logements sociaux dits “PLS” comme 0,5 logements sociaux dans la loi SRU
  • Le rapprochement de la législation laxiste sur les meublés de la règle commune (loi de 1989)
  • La mise en place d’une Garantie des risques locatifs (GRL) universelle
  • La priorité aux non-CDI pour les attributions de logements sociaux du 1% logement
  • L’intégration de la performance énergétique dans les critères de décence d’un logement
  • Des contrôles drastiques de la DGCCRF face aux abus des agences immobilières
  • L’attribution de la compétence logement aux intercommunalités, et à la région en Île-de-France
  • La suppression du délai de carence pour le versement des APL
  • Le respect du plan Anciaux pour les logements étudiants

Invitée hier au CESE, la ministre du Logement Cécile Duflot dans son discours en réponse s’est félicitée de ce rapport. Elle a déclaré notamment que “la constitution du dossier du bail sera davantage encadrée”, avec la mise en place d’un dossier-type avec des pièces autorisées. De plus, elle a promis que “la législation de la location de meublés sera clarifiée et harmonisée, de manière à renforcer la protection du locataire – et des jeunes en particulier qui sont les premières victimes des dérives actuelles.” Victoire supplémentaire : “Des dispositions seront spécifiquement prévues pour, je reprends ici votre expression, « en finir avec les agences de listes »”, a-t-elle annoncé. Pour Jeudi Noir, qui s’est mobilisé depuis 2006 contre les escroqueries des marchands de liste, c’est peut-être l’aboutissement d’un long combat.

En revanche, elle n’a rien dit sur le plafonnement des loyers indécents des microsurfaces, la taxation des bureaux vacants, les attributions de HLM par le 1% Logement, le décompte des PLS comme logements sociaux, les 75 000 PLAI à construire par an, etc.

Avec ce rapport incisif, le CESE a donc bien mérité sa carte de membre de Jeudi Noir. Si Cécile Duflot, qui a reçu le collectif Jeudi Noir la semaine dernière, compte faire avancer la cause du logement des jeunes, elle sait où trouver des idées. Réponse dans les mois qui viennent…

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« Nous ne sommes pas des hors-la-loi »

Communiqué de presse

Les journées de lundi 7 et mardi 8 janvier 2013 sont à marquer d’une pierre blanche pour les mal-logés. L’occupation victorieuse, par les associations DAL et Jeudi Noir, du 2 rue de Valenciennes à Paris, tout comme les réquisitions annoncées par le gouvernement, sont le fruit de la détermination du monde associatif, qui a fait évoluer la position du gouvernement sur ce sujet. Il y a 6 ans Jeudi Noir et le DAL réquisitionnaient un bâtiment vacant place de la Bourse, et créaient le Ministère de la crise du logement. Pendant plus de deux ans ce lieu de vie est devenu le symbole de la lutte pour le droit au logement. Les très nombreuses actions de l’époque avaient fait bouger les consciences. Restait à convaincre un gouvernement prêt à faire un pas en avant.

Pour la première fois depuis 15 ans, lundi 7 janvier 2013, une ministre du Logement, Cécile Duflot, est venue soutenir les habitants d’un immeuble réquisitionné par leurs soins. Mardi 8 janvier, sur Canal Plus, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, à la question de Samia, habitante lui demandant si elle était hors-la-loi, a clairement répondu : « Non madame, vous n’êtes pas hors-la-loi. Puisque le logement c’est un droit. Cet immeuble ne sera pas évacué. » (source)

En reconnaissant publiquement la légalité du droit au logement, le ministre de l’Intérieur reconnaît qu’aucune loi n’a jamais interdit de s’abriter dans un bâtiment vide. Il reconnaît surtout que les nombreuses expulsions menées dans les mêmes conditions, sans décisions de justice ni arrêté de péril, étaient, elles, illégales.

Le droit au logement, au plus haut niveau du gouvernement, est ainsi reconnu comme une justification suffisante pour légitimer l’occupation d’un immeuble vide. Qualifié par le Conseil constitutionnel d’« objectif à valeur constitutionnel », le droit au logement avait été rendu opposable par une loi de 2007. Quant à l’occupation sans droit ni titre, ou squat, cela ne constitue pas une infraction, mais peut se régler devant la juridiction civile entre le propriétaire et les occupants.

Mais dans les faits, face à un juge ou un cordon de CRS, les mal-logés qui ne se résignaient pas à mourir à la rue étaient encore considérés comme des délinquants. Jusqu’ici, même sous ce gouvernement, nos occupations se terminaient régulièrement et illégalement au poste de police. Les forces de l’ordre mettaient en place des blocus empêchant toute visite et tout ravitaillement, les affaires personnelles des habitants étaient jetées à la benne et des élus locaux avaient été jusqu’à condamner nos « méthodes fascisantes ». Des militants, sans le sous, de Jeudi Noir sont d’ailleurs toujours sous le coup d’indemnités de près de 100 000 euros à payer à des propriétaires millionnaires souvent exilés fiscaux.

Que de chemin parcouru…

il y aura un avant et un après l’occupation du 2 rue de Valenciennes. C’est en tout cas ce que nous réclamons. Mais ce retour à un plus strict respect du droit de la part des forces de l’ordre ne doit pas concerner les seuls Jeudi Noir et DAL, mais l’ensemble des mal-logés qui occupent des bâtiments vides, même sans caméra de télévision.

Concrètement, nous nous battrons pour la réquisition effective par l’Etat de l’immeuble du 2 rue de Valenciennes et le relogement de ses habitants. De plus, notre action, ainsi que celle menée quelques jours plus tôt dans la clinique désaffectée de la rue Erard à Paris, ont montré que la première liste de bâtiments vides à réquisitionner avancée par la préfecture était bien incomplète. Les réquisitions ne doivent pas être ponctuelles ou symboliques, elles doivent être une politique au long cours de l’Etat, associant les collectivités et les associations. Des dizaines de milliers de ménages, déclarés « prioritaires DALO », sont toujours dans l’attente d’une solution digne et pérenne. Enfin, face au scandale de la vacance, il faut une loi forte pour taxer les bureaux vacants, comme ceux que nous occupons actuellement, ou encore pour arrêter de produire en masse des bureaux qui s’ajoutent aux millions de mètres carré déjà vides.

… Et à parcourir encore !

Plus globalement, les réquisitions doivent s’accompagner d’une vraie politique du logement :
– encadrement et baisse des loyers,
– lutte contre la rétention foncière,
– interdiction des expulsions locatives,
– construction massive de logements vraiment sociaux avec une TVA à taux réduit,
– captation de la rente foncière,
– transformation de bureaux en logements,
– taxe sur les bureaux vacants,
La bulle immobilière, qui vacille sur ses bases, peut trembler !

En post-scriptum, on pourra souligner que la bulle immobilière pèse sur toute la société et sur l’emploi, alors qu’elle est a contrario un élément clé du modèle allemand : si le Virgin Megastore des Champs Élysées ferme, c’est aussi en partie à cause des loyers.