Réquisitions citoyennes

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Une réquisition pour faire monter la pression (Jeudi Noir – DAL)

Copyright Nicolas magic Tubert

Le jour même où le projet de loi sur le logement de Cécile Duflot commence son examen au Sénat, Jeudi Noir et Droit Au Logement dévoilent mardi 11 septembre une grande opération de réquisition, au coeur de Paris dans un lieu stratégique de 1500 m².

Alors que de plus en plus de précaires sont jetés à la rue par la crise sociale, alors que les prix du logement n’ont jamais été aussi indécents, alors que l’Etat ne joue toujours pas son rôle pour reloger les ménages éligibles au DALO (Droit au logement opposable) et ferme les portes de centres d’hébergement pendant l’été, des immeubles entiers en excellent état restent vides toute l’année. Certains comme le nôtre sont même éclairés et chauffés au coeur de l’été.

Jeudi Noir et Droit Au Logement prennent leur responsabilité, et relogent  à la place de l’Etat  des familles sans logement et des jeunes précaires. La crise du logement fait rage, le gouvernement doit agir fortement et rapidement, nous attendons de lui dans l’immédiat :

- Le respect du droit à l’hébergement inconditionnel de toute personne sans logis, et son maintien  jusqu’au relogement

Copyright Nicolas magic Tubert

-          Un renforcement de la loi Duflot sur le logement, pour que des logements vraiment sociaux (PLAI et PLUS) soient prioritaires dans le cadre de loi SRU et dans la destination des terrains cédés par l’Etat, et non les faux logements sociaux que sont les PLS et les logements en accession à la propriété.

-    -    Un plan d’urgence de mobilisation des logements et bureaux vides, publics et privés, qui passerait par une taxation vraiment dissuasive de la vacance (bureaux compris), des solutions d’intermédiation locative sociale pour les propriétaires et bien sûr également par des réquisitions des biens les plus scandaleusement vacants.

Cette réquisition sera également un test pour le nouveau pouvoir et la gauche : oseront-ils procéder à des expulsions de mal-logés qu’ils dénonçaient vigoureusement voici quelques mois quand elles étaient menées par la droite ?


Nous pensons notamment aux ministres:

Réponse mardi 11 septembre – rdv général devant le 24 rue Saint Marc (métro Bourse – 75002)

contact@jeudi-noir.org
sec@droitaulogement.org

Jeudi Noir et le DAL réquisitionnent un bâtiment vide à Montmartre.

Pâques au balcon, réquisition !

Conférence de presse à Midi au 17 rue Duhesme, 75018 M° Lamarck Caulaincourt pour le brunch de Pâques.
Portes ouvertes toute la journée.

Depuis mercredi 4 avril, le collectif Jeudi Noir et le DAL occupent en toute discrétion un bâtiment de cinq étages, vides depuis trois en ans en plein cœur de Montmartre.

En cette printanière journée de Pâques, à 15 jours de la fin de la campagne présidentielle, une vingtaine de galériens du logement et de prioritaires DALO, ont déposé leurs bagages pour remettre le logement au cœur de la campagne.

Le débat de la campagne présidentielle sur le logement est aussi creux qu’un œuf de Pâques.  Jeudi Noir et le DAL s’associent pour forcer les candidats à se positionner sur cette question essentielle.

Ces cinq dernières années, la spéculation immobilière à fait flamber les loyers aux dépens des mal-logés et des précaires, les classes populaires et même moyennes se voient expulsées des centres urbains.

-l’application de la loi : loi de réquisition, la loi DALO, loi de l’obligation d’accueil de tous les sans-abris.

-encadrement à la baisse des loyers.

-arrêt des expulsions locatives.

-production massive de logements sociaux, application et renforcement de la loi SRU, lutte contre la marchandisation du logement social

Un toit c’est un droit. Faisons péter la bulle immobilière.

www.jeudi-noir.orgwww.droitaulogement.org

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Expulsion de la place des vosges – Rassemblement de soutien le 25 octobre à 18h – 11 bis rue de Birague

Expulsion de la place des vosges – Rassemblement de soutien
le 25 octobre à 18h – 11 bis rue de Birague

Communiqué de presse Jeudi-Noir
25 octobre 2010

« Jusqu’à présent c’était un rêve », expliquait samedi matin un récent habitant de « La Marquise » à une journaliste. Mais à 7 heures du matin, samedi 23 octobre, l’Etat a mobilisé les grands moyens pour y mettre un terme et exécuter le jugement sans pitié prononcé par la cour d’appel moins de 24 heures plus tôt. Béliers et gaz lacrymos étaient de rigueur pour enfoncer les portes de la place des Vosges, déloger ses habitants et s’assurer qu’un immeuble somptueux, vide depuis 1966, le reste encore quelques années de plus. « Le temps que les pigeons reprennent possession des salles aux poutres peintes et planchers Versailles » ironise Nicolas du collectif Jeudi-Noir.

Depuis près d’un an, le collectif Jeudi Noir s’était saisi de cet incroyable scandale immobilier en plein cœur de Paris, symbole de l’incurie des pouvoirs publics et du cynisme de quelques rentiers, pour loger 33 jeunes précaires et attirer l’attention de l’opinion sur le mal-logement. A l’endroit où est née la Marquise de Sévigné, c’est tout un quartier qui s’était réveillé, c’est un groupe militant qui avait animé quantité d’animation culturelles, de débats politiques et autres visites touristiques ou distributions de paniers de fruits et légumes AMAP, avec le soutien d’une improbable coalition allant de la mairie de Paris au conseil régional, du NPA au député UMP Etienne Pinte, en passant par le PG, Europe Ecologie, le Modem, le PS et tant d’autres militants de la Fondation Abbé Pierre, du DAL, de Sud ou d’ailleurs.

Jusqu’au gaz lacrymogène des policiers au matin du samedi 23 octobre s’inventait ici l’espoir d’une vie différente. Mais la rentière millionnaire a gagné : les étudiants et travailleurs pauvres qui avaient élu domicile dans ce bâtiment qu’elle avait abandonné sont à la rue. A la place, deux vigiles et deux chiens policiers tournent en rond dans le bâtiment vide. La suite >

Au 24 rue de la Harpe, Jeudi noir fait ses cartons

Libération, 28-07-2009

Après six mois et demi d’occupation d’un bâtiment du Crous inoccupé dans le quartier latin à Paris, le collectif Jeudi noir plie bagages. Il a obtenu la réhabilitation des deux étages en logements étudiants. Mais tout reste à faire.

« Et les peluches, on les prend ou on les laisse au Crous ? ». Au premier étage du 24 rue de la Harpe, situé en plein coeur du quartier latin, on a la tête dans les derniers cartons. Les matelas posés à même le sol et les 33 tours de Francis Lalanne sont les derniers signes visibles attestant d’un lieu de vie. Pour les « habitants », l’heure est au déménagement.

Les militants de Jeudi noir — une association qui défend le droits au logement étudiant — ont depuis quelques minutes, rendu symboliquement à l’huissier les clés du bâtiment qu’ils ont investi depuis le 14 janvier dernier.

Depuis six mois et demi, cohabitaient ici une dizaine de personnes, étudiants et jeunes en proie à la précarité. « C’est un mélange de joie et de tristesse qui dominent, soupire Marieannick, comédienne et intermittente du spectacle de 29 ans. Ici, on a créé une dynamique de groupe. C’était pas un squat, mais une maison… » Onze logements d’ici fin 2010

L’édifice en question est un ancien immeuble de 1000 m2 légué par une riche donatrice au Crous de Paris en 1953. Reconvertis en dispensaire puis en centre médical à destination des étudiants, les murs sont inoccupés et laissés à l’abandon depuis quatre ans. Le bâtiment ne répondant plus aux normes a été fermé par le Crous, le 21 décembre 2004. Depuis, la réhabilitation en logements pour étudiants handicapés est restée à l’état de projet. « On est arrivé, tout était en état. Il y avait tout le matériel médical nécessaire. Seulement cinq centimètres de poussière en plus », atteste une des habitantes.

En mai dernier, Jeudi noir reçoit un avis d’expulsion. Le collectif interpelle alors la sphère politique. Tour à tour, José Bové, Daniel Cohn-Bendit, Olivier Besancenot, répondent à l’invitation de l’association. Mais c’est Etienne Pinte, député UMP des Yvelines, alors en charge d’une mission parlementaire sur l’hébergement d’urgence, qui prend l’affaire à bras le corps : « Quand Jeudi noir nous a invités à passer voir, nous avons été choqués de la situation, explique aujourd’hui Delphine Bonjour, assistante du député des Yvelines. Nous avons interpellé la ministre de l’Enseignement supérieur, Valérie Pécresse, qui a alors entamé la médiation avec le Crous de Paris et le Rectorat. Tout s’est ensuite accéléré… ».

Le cabinet d’Etienne Pinte joue les médiateurs entre les différents organismes. Le permis de construire est délivré le 10 juillet. A terme, onze logements pour étudiants handicapés devraient voir le jour d’ici fin 2010. Coût de la réhabilitation : 2 millions d’euros. Soit le budget total transmis par le Crous pour les appels d’offres. « Nous considérons avoir eu gain de cause. Il est normal que nous quittions les lieux », assure désormais Stéphane Roques, membre du collectif. Le masque des représentants du Crous

Le porte-parole de Jeudi noir reste tout de même sur ses gardes. Les travaux de curetage doivent débuter mercredi, selon une annonce du Crous, soit le lendemain du déménagement. Mais selon Jeudi noir qui a appelé la mairie, aucune autorisation d’occupation de la voirie, essentielle pour les travaux, n’a été déposée. « Certes, ce n’est pas au Crous de le faire, c’est à l’entreprise, mais en tant que maître d’ouvrage, le Crous a un devoir de bonne mise en oeuvre », explique Christophe Driesbach, architecte et membre de Jeudi noir, qui pointe le manque de bonne volonté du Crous. « Il faut rester vigilant sur les suites des travaux », prévient d’emblée Karima Delli, la néo-députée européenne et membre du collectif qui était présente pour apporter son soutien à ses camarades.

Du côté du Crous, on se tient à l’écart. On ne veut avoir aucun contact avec les militants. Au sourire des délogés, sur le trottoir d’en face, répond le masque de ses représentants. Les mines sont fermées. A la question de savoir quand débuteront les travaux, on nous répond « de venir demain. On vous donnera une pioche… ». Sarcastique. Il semble que la médiatisation de l’affaire ait un peu agacée la direction qui n’en dira pas plus. « Le truc, c’est que notre victoire met en lumière leur incompétence à venir en aide aux étudiants », glisse Stéphane Roques.

Pour les anciens locataires, c’est retour au point de départ. Sur les dix occupants, deux seulement ont retrouvé un logement dont Marieannick, la comédienne. Une chambre de bonne de 9m2 pour 402 euros par mois… « Mais bon on est heureux d’avoir remporté la bataille ». Une bataille mais pas la guerre du logement. Avant de partir, les locataires ont laissé des messages au feutre noir sur les murs. L’un d’eux disait : « J’espère au moins avoir fait avancer les choses… J’espère qu’ils ne mentent pas ». Réponse demain.