
Jean-Paul Huchon, Président de la Région Ile-de-France, Benoît Hamon, Porte parole du Parti socialiste accompagnés d’une délégation d’élus de la majorité au Conseil régional sont venus apporter leur soutien aux militants de Jeudi Noir installé depuis la fin du mois de décembre au 22 rue Matignon, à deux pas de l’Elysée et de l’hôtel Bristol.
Les élus socialistes avaient quitté les militants de Jeudi Noir en octobre dernier lors de leur expulsion du squat de la Marquise, situé place des Vosges, dans le très chic IVe arrondissement de Paris. La trentaine de militants, étudiants ou travailleurs précaires promettait alors de nouvelles occupations. Pas par gaité de cœur, mais pour continuer inlassablement à dénoncer la flambée des prix des loyers et la non application des lois de réquisition des logements vides, DALO et SRU. Force est de constater qu’ils ont tenu parole. En « réquisitionnant » cet immeuble de standing de huit étages implanté au cœur du VIIIe arrondissement de Paris les « galériens du logement » entendent attirer l’attention du locataire de l’Elysée sur les chiffres du mal logement en France inversement proportionnels à l’intérêt du gouvernement pour le sujet : 3,5 millions mal-logés en France en 2010, des loyers multipliés par deux en douze ans et cinq millions de mètres carrés de bureaux vides en Ile-de-France, selon une estimation du collectif. Ce à quoi le gouvernement a répondu par un budget logement 2011 en baisse de 2,6%, par rapport à l’année précédente.
Benoît Hamon, Nadège Abomangoli, Corinne Bord, Aude Evin, Sandrine Grandgambe, Pierre Kanuty Marc Mancel et Eduardo Rihan Cypel n’ont pas attendu cette occupation symbolique pour apporter leur soutien aux militants du collectif contre le mal logement. Les « squatteurs » de La Marquise avaient déjà eu l’occasion de rencontrer une partie d’entre eux l’année dernière durant la campagne des régionales puis juste avant leur expulsion. En septembre 2010, les élus socialistes avaient d’ailleurs attiré l’attention des membres de l’assemblée régionale sur la question du logement à travers une question d’actualité présentée en séance. Mais ce lundi, les élus socialistes ne sont pas venus les mains vides : outre quelques victuailles réclamées par des occupants d’un véritable siège policier, les Conseillers régionaux du Groupe socialiste venaient présenter un budget logement régional 2011 en hausse de 10 % par rapport à celui de 2010.
En votant ce budget après l’avoir augmenté de 11,8 millions d’euros supplémentaire, les élus de la majorité régionale ont souhaité donner la priorité au logement très social (+8,7% par rapport à 2010) et social (+54%) afin de réduire les inégalités et renforcer la cohésion sociale. Un effort tout particulier est également effectué pour le logement des jeunes et des étudiants (47,6 M€) en portant la production de logements pour étudiants de 3 000 à 4 000 logements par an. Car le logement est une thématique centrale du Bouclier social plébiscité par les franciliens en mars dernier, la Région Ile-de-France y consacrera 1 milliard d’euros d’ici 2014. Des prises de position d’autant plus volontaires que le logement, faut-il le rappeler, n’est pas une compétence régionale.
Disposant dorénavant d’une vue imprenable sur le Palais de l’Elysée, les membres du collectif Jeudi Noir sont aux premières loges pour guetter une prise de conscience du chef de l’Etat sur la situation catastrophique du logement en France. En vain ?
Europe Ecologie les Verts 20e salue le courage et l’enthousiasme de trois de ses militants qui, au sein du collectif Jeudi Noir, occupent actuellement le 22 avenue de Matignon. Ils contribuent ainsi à alerter l’opinion sur le problème du mal-logement.
Des élus sont venus soutenir les Jeudi Noir
envoyé par lesinrocks. - L’actualité du moment en vidéo.
Joli coup médiatique : À peine expulsés de la Marquise, place des Vosges, ses habitants remettent le couvert en occupant un immeuble de 2500 m2, au 22 avenue Matignon !
Squat Matignon : La situation au 15 Janvier 2011
« J’appelle la police ! Eva Joly fait reculer la maréchaussée »
Les CRS qui montent la garde devant le 22 avenue Matignon avaient reçu des ordres « d’en haut » : Ceux de ne pas laisser passer ni nourriture, ni médicaments, afin de « faire craquer les squateurs », dixit un CRS en tenue. http://www.dailymotion.com/video/xg…) Idem pour la presse, tenue à l’écart du bâtiment pendant 48 heures. Pourtant, en France, interdire le droit de circuler est encore, que je sache, illégal. La liberté de la presse est censée être garantie par la loi, contrairement à la Hongrie.
Mais visiblement, ces derniers temps, sortir de la légalité n’est plus un problème pour les forces de l’ordre. A moins qu’elles n’aient une lecture très restrictive de leur rôle de protection des citoyens ? Les habitants du 22 avenue Matignon ne représentent pas, pourtant un réel danger pour la population du 8e arrondissement de Paris ?
A moins que ce ne soit l’impunité de leur ministre de tutelle, Brice Hortefeux, premier ministre de l’intérieur de la Ve république condamné et maintenu à son poste, qui leur donne des idées ? Il aura fallu l’arrivée d’Eva Joly, venue apporter son total soutien à Jeudi Noir et accompagnée d’une énorme galette des rois, pour que nos anges gardiens carapaçonnés lâchent enfin du lest.
Après quelques bousculades et moultes pourparlers, certains journalistes purent rentrer dans le bâtiment pour faire leur travail, accompagnés par la candidate de Génération écologie et les élus locaux venus en renfort. Le temps de faire une visite des 8 étages, de distribuer des victuailles aux habitants et de tirer les rois ! Eva Joly s’est ensuite proposée comme médiatrice entre Axa et les habitants afin d’obtenir un bail précaire. La fête continue…
C’est le lendemain de la parution de l’enquête Insee qui confirme les chiffres catastrophiques du mal logement en France qu’ils ont officialisé leur installation, depuis le 27 décembre, dans un immeuble de bureaux vide. Ce matin, 7 janvier 2011, le collectif a pendu la crémaillère du 22 avenue Matignon et présenté ses vœux à la presse, à un jet de pierre de l’Élysée et un tir de snipper de l’ambassade d’Israël, derrière une haie fournie de RG et de CRS, périmètre protégé oblige.
De nombreux soutiens étaient de la fête, comme l’inoxydable Monseigneur Gailllot ou Augustin Legrand, le cofondateur des Enfants de Don Quichotte. Aujourd’hui conseiller régional, il a insisté sur la supercherie que représente « la France des proprios de Sarkozy et a rappelé que face au concours de super menteurs de la droite et au problème crucial du logement social, la région Île de France dont ce n’est à priori pas le rôle, a voté un budget d’1 milliard d’euros pendant 4 ans ». Bel effort, quand on sait que seulement 2,5% du PIB finance la politique du logement en France.
5 millions de m2 de bureaux vides à Paris.
Il y a deux mois, lors de l’expulsion de la place des Vosges (voir Place Publique du mois d’octobre 2010) la veille de la trêve hivernale, les Marquisards avaient promis de ne pas en rester là. « L’occupation de cet immeuble de 2500 m2 propriété des assurance Axa et vide depuis 2006 est un juste retour des choses. Une trentaine de militants et jeunes précaires y sont logés depuis le 27 décembre, ainsi que deux familles, avis d’un huissier de justice faisant foi. Nous avons l’eau et l’électricité. La topographie des lieux (de vastes plateaux de 250 m2) permet également d’imaginer des espaces de travail ou des ateliers d’artistes.
« Grâce à sa proximité avec la Place Beauvau, et sa vue directe sur le palais de l’Elysée, nous espérons qu’il rappellera les 3 millions de mal logés (enquête de l’Insee parue le 6 janvier) au bon souvenir de nos dirigeants », a ironisé Julien Bayou. Et de rappeler que nous sommes tous concernés par la bulle immobilière : « Les prix des logements ont triplé en 12 ans à Paris, les loyers ont augmenté de 50%. Se loger décemment est devenu totalement inabordable pour les précaires et pour les jeunes et difficile pour la classe moyenne ».
2 millions de logements vides en France
Clémentine Autin, la codirectrice du mensuel Regards a enfoncé le clou : « Rien n’est fait pour juguler la spéculation immobilière. Pourtant les solutions simples existent. Il suffit par exemple d’affirmer que le droit au logement est supérieur au droit de propriété. Et autour de ce problème crucial du logement, il serait grand temps que les partis de gauche agissent. Et affirment clairement qu’une société qui progresse, c’est une société qui élargit le socle de ses droits. En France, nous sommes en totale régression ! » Jean-Baptiste Heyraud, du Droit Au Logement a rappelé que le propriétaire des lieux, AXA, est l’un des organismes d’assurances qui pratiquent un lobbying intensif afin d’obtenir la suppression des délais d’expulsion.
La transition était toute trouvée pour attirer, s’il en était besoin, l’attention de l’auditoire sur le caractère liberticide de la loi LOPPSI 2 qui passe dans 15 jours à peine en seconde lecture au Sénat. Une journée d’action nationale a été décidée pour le 15 janvier. Les politiques présents sur les lieux comme Yves Contassot des Verts, Martine Billard, co-présidente du parti de gauche, Karima Delli eurodéputée Europe Écologie, ou Aurélie Filipetti, députée PS de Moselle ont ensuite apporté leur soutien aux Jeudi Noir. À midi, les CRS faisaient toujours blocus à l’entrée de l’immeuble. A l’intérieur, sono à fond et café chaud, une ambiance de fête et de saine révolte régnait… de quoi réjouir Stéphane Hessel et tous les démocrates, forcément indignés.
Depuis une semaine, un imposant dispositif policier est déployé devant l’immeuble occupé par le collectif des « galériens du logement ». Un blocus sans réel fondement légal que dénoncent plusieurs élus de gauche.
Des occupants assignés en résidence, des élus triés sur le volet et des journalistes persona non grata mais recensés. Point de dictature exotique, l’action se déroule avenue Matignon, à Paris. « Si t’es pas content, t’as qu’à aller faire un tour en Tunisie », nous lancera même un des pandores chargé de filtrer les allées et venues devant l’immeuble d’Axa qu’occupe, depuis le 8 janvier, le collectif Jeudi noir.
« C’est le règne de l’arbitraire. Il y a en permanence une quinzaine de policiers qui nous empêche de faire des courses et d’aller chercher nos affaires », témoigne Simon, un des vingt-quatre occupants. Un blocus « juridiquement illégal », explique Me Afane-Jacquart. « C’est une affaire de droit privé entre le propriétaire, qui n’a d’ailleurs pas déposé plainte, et les occupants. L’État n’a pas à intervenir. » De son côté, la préfecture de police évoque « la proximité de sites diplomatiques sensibles ». Un dispositif dénoncé par les partis de gauche venue apporter son soutien aux squatteurs. Pour Pierre Laurent (PCF), ces mesures ont « un caractère vexatoire » car « cette occupation symbolique met le doigt sur les aberrations qu’engendre la spéculation menée par les grands groupes d’assurances ou bancaires ». Le tribunal de Paris a quant à lui débouté, hier, un membre du collectif qui réclamait la levée du blocus.