Jeudi Noir chez Borloo

Bienvenue sur le site de Jeudi-Noir

Dimanche 3 décembre, Jean-Louis Borloo, ministre de la cohésion sociale, de l’emploi et du logement recevait une délégation de 5 membres du collectif Jeudi-Noir. Le ministre a défendu son bilan et le nombre de constructions de logements, et annoncé la prochaine mise en place d’une Garantie contre les Risques Locatifs, potentiellement décisive, mais dont les contours restent à définir.

Au final, malgré près de 2 heures de réunion au cours desquelles Jean Louis BORLOO s’est dit « bluffé » par la technicité des militants de Jeudi Noir, aucune réponse n’a été apportée à l’urgence de la situation.

Retrouvez ici la déclaration de sortie de Jeudi-Noir

D’après le ministre, la baisse des prix est amorcée. Mais doit-on attendre cette baisse pour répondre à l’urgence ? Face à l’absence de mesures concrètes et d’application immédiate, Jeudi-Noir lance un préavis de grève des loyers pour mars, à la fin de la trève hivernale ; A ce moment, ceux qui ne peuvent payer un loyer devenu délirant seront à nouveau expulsables, et en solidarité, nous appelons l’ensemble des locataires ayant un taux d’effort (part du revenu consacrée au loyer) supérieur à 25% à se joindre à ce premier mouvement de grève des loyers. A l’image du Téléthon, un site internet sera consacré à l’enregistrement de tous les loyers que tous les grévistes s’engageront à ne pas verser durant toute la durée de la grève.

Car à l’instar de l’emploi, le logement n’est pas un bien comme les autres.

D’ici là, Jeudi-Noir continuera à mobiliser autour du mal-logement, en visant en particulier ces 2 millions de logements vacants en France.

L’équipe de Jeudi-Noir

Retrouvez la galerie de photos de la sortie du ministère, et de l’action dans une studette de 11m² à 580 euros à 2 pas, en plein VIIème arrondissement Copyright Cyril Cavalié

Jeudi-Noir c’est quoi ? Un collectif qui a décidé d’attaquer le mal-logement via des actions festives et militantes… En savoir plus

Retrouvez ici les différentes actions menées par Jeudi-Noir…, et là les premières retombées médiatiques du collectif

Cliquez sur l’image pour le récit de notre dernière intervention festive, en agence !

Si ce mode d’action festif vous intéresse, n’hésitez pas à vous en inspirer, un Kit Jeudi-Noir est d’ailleurs à votre disposition !

Enfin, un appel à témoignages est lancé, rendez-vous ici pour donner votre avis sur la gestion des locataires par les agences !

Action du 18 novembre 2006

Samedi, de manière un peu improvisée, Jeudi-Noir s’est invité dans une agence…

Hé oui, c’est bien gentil de s’en prendre aux propriétaires particuliers qui abusent, mais il ne faut pas oublier les agences…

Commissions d’agence proportionnelles au prix de vente (qui favorisent la hausse des prix), demandes de renseignements et de papiers illégaux, sources de discriminations multiples, frais d’agence abusifs (de rédaction de bail, d’état des lieux, de quittance) et de toute manière proportionnels au loyer (qui donc augmentent avec les frais de relocation, même si le travail est le même), les agences immobilières sont en général de bonnes candidates à nos instrusions festives.

Sans compter que ces agences sont souvent plus spacieuses que les studios que nous visitons, ce qui permet d’y faire rentrer plus de monde ;

Le résumé en vidéo par Zero-Tv et ValTv


Jeudi-Noir : Bulle du 18-10
Vidéo envoyée par ZeroTV

Et ici le résumé en images ! Copyright à Laurent Hazgui

Et avec près de quatre fois plus d’agences immo que de boulangeries à Paris, il y a de quoi faire !

Voici donc comment nous avons commencé avec Hestia, chaîne d’agence de listes de sinistre réputation qui nous a été « recommandée » sur la liste noire de Jeudi-Noir : on vous vend une liste d’appartements en théorie disponibles pour 150 à 250 euros, sans aucune garantie.

Tant pis pour vous si les appartements ne correspondent pas à vos choix, sont déjà pris depuis longtemps, ou si le propriétaire ne daigne pas regarder votre dossier…

Technique simple : nous sommes donc rentrés deux par deux jusqu’à envahir les lieux…

Surtout, nous étions accompagnés pour la première fois de Disco King en personne… Mystère sur ce nouveau personnage qui fera date dans l’histoire de l’immobilier, plus d’infos lors de la prochaine action…

Les primo accédants : du rêve au cauchemar.

Les articles de presse, la radio, la télé parlent des primos. Des primos ! Des primos ! Il nous faut des primos ! Mais pourquoi donc ? Quel sort leur est actuellement réservé et que pourrait-il leur arriver à l’avenir ?

Le marché de l’immobilier pourrait ressembler à un mille-feuilles. Il existe une suite de couches d’occupants. Ainsi, lorsqu’on débute dans la vie, on est le plus souvent locataire. Puis, quand les moyens financiers le permettent, on accède à la propriété. C’est le premier achat immobilier : on devient primo accédant. On entre sur le marché de la propriété. Tout le monde ne devient donc pas primo accédant. Ceux qui resteront locataire toute leur vie, ne seront jamais ‘primo’.

Des investissements successifs. Financièrement le primo accédant va donc insérer de l’argent (et beaucoup !) dans le marché immobilier. L’effort a réaliser est d’autant plus important que les moyens du primo accédant sont souvent plus faibles : il est jeune, il débute dans la vie, il a tout à acheter. La vie faisant son œuvre, la famille du primo s’agrandit, il a des revenus plus importants, il cherche plus de surface… Il doit changer de logement. Pour pouvoir en financer l’achat, il revend son premier logement qui faisait de lui un ‘primo’. Son bien est, souvent, revendu à un autre primo car ce qui lui a convenu par le passé, conviendra à un autre primo. Ce sont souvent des appartements d’entrées de gamme, sans qualité exceptionnelle et sans défaut majeur. L’argent retiré de la vente va permettre d’acheter un logement de meilleure qualité, plus confortable, mieux situé… Il allongera un peu d’argent pour se payer son deuxième bien : il injecte donc encore des fonds dans le marché de l’immobilier. Il en va ainsi tant que le propriétaire a la volonté et la possibilité de changer de logement : il revend, retire de l’argent de sa vente et ajoute (le plus souvent) encore un peu d’argent pour acquérir son nouveau logement. On remet à chaque fois de l’argent dans le système immobilier. Parfois, le nouveau logement étant plus petit, le propriétaire n’a pas besoin d’injecter de l’argent pour son nouvel achat. Il peut retirer une plus value du marché dans ce cas. En fait, avec les années, chaque proprio a un peu plus de ressources (normalement) et on accède à des logements de plus en plus grands et donc, logiquement, de plus en plus chers. A chaque achat on ajoute un peu d’argent dans le système. Mais le système reste un ensemble cohérent car les prix de chaque vente, achat et revente sont liés. Si on se penche exclusivement sur ces primo accédants, on se rend compte que s’ils n’existent pas… il n’y a plus de marché immobilier. Le primo achète un logement et donne son argent à un propriétaire. Avec cet argent ce propriétaire va acheter un logement. Il donnera donc de l’argent à un deuxième propriétaire. Ce deuxième propriétaire va acheter un nouveau logement … etc etc Dans la chaîne d’achat et de vente de l’immobilier il y a obligatoirement un primo accédant. S’il disparaît, aucun des autres propriétaires ne pourra changer de logement (vendre et acheter). La raréfaction des primo touche donc directement la solvabilité de tous les acheteurs. Sans primo, le marché devient un marché clos où des vendeurs déjà propriétaires vendent à d’autres propriétaires : un marché de ce type ne peut pas survivre très longtemps. Sans le primo, point de salut pour le marché immobilier. Si personne ne peut acheter le logement en début de chaîne, toute la chaîne des acquéreurs/vendeurs n’a pas l’argent nécessaire pour acheter le logement du niveau supérieur. C’est donc tout le système qui s’effondre. Certes 100% des vendeurs ne vendent pas un logement pour acheter un autre logement. Toutefois, regardez autour de vous, une majorité des vendeurs vendent pour acquérir un autre bien immobilier et pas pour jouer en bourse ou s’acheter une voiture de sport. Avant l’accroissement irrationnel des prix, le marché était équilibré : il y avait une somme de primo qui entraient dans le marché et solvabilisaient les acquéreurs des niveaux supérieurs. Aujourd’hui, en excluant une partie des primo, on pénalise tous les acteurs du marché.

Des solutions ? Il n’y a pas de solutions faciles ou évidentes pour éviter ce problème. Le mieux serait déjà de pouvoir avertir très en amont les accédants, autrement qu’avec des chiffres d’organisme non officiel, chiffre dont personne ne connaît les méthodes de calcul. L’immobilier pourrait tout à fait être intégré à un indice des prix : une bulle immobilière c’est un phénomène inflationniste ! Pour certains notaires, les prêts à taux zéro ont beaucoup favorisé les achats des primo accédants. C’est sans doute vrai mais il ne faut pas oublier que le prêt à taux zéro ne prends en compte qu’une partie du coût total du logement et ne peut bénéficier qu’à une partie des primo accédants. Au final, les répercussions ne sont pas si évidentes. Le prêt à taux zéro a donc permis à une frange de la population P.A (primo accédante) de franchir le pas ou d’acheter un peu plus grand. Cependant, solvabiliser artificiellement une part de la population ne signifie pas que ces personnes sont sauvées… Dans bien des cas, ce sera même le contraire ! Faire entrer sur un marché irrationnel des primos qui n’auraient normalement pas eu la possibilité d’acheter sans prêt à taux zéro peut engendrer des problèmes ultérieurs, surtout si le marché baisse, si l’investissement est médiocre ou le taux d’effort démesuré. Dès que l’on constate que les profils des acquéreurs se modifient (dans le même temps que les prix) il est fort probable que le marché mute et pas forcément sous une forme très souhaitable. Quand les solutions à ces problèmes deviennent des engagements nationaux ou des offres de l’Etat, on peut considérer que les marchés sont sous perfusions et qu’il n’est plus autonome. Il est malade. Il faut s’en méfier.

Des conséquences sociales disparates. Le P.A est dans l’obligation de réduire ses prétentions d’achat aujourd’hui. Ainsi, les tensions que nous avons connues ces dernières années ont réduit les possibilités d’achat des primos d’environ 1 pièce entre 2000 et 2005 (indicateur Crédit Foncier ESSEC). Si l’on reprends le cheminement de notre introduction (les achats successifs au cours de sa vie) on constate que notre primo devra en toute logique revendre plus vite son premier bien pour acheter un logement plus confortable. En fait, le primo de 2005, en plus de limiter son confort pour pouvoir acheter, va être obligé de revendre plus vite car il aura acquis un logement moins « polyvalent » pour sa vie future. Pour ceux qui ont récemment investi toutes leurs – futures – économies dans leur logement, cela pourrait être grave en cas de retournement. Il ne faut pas confondre, et certains médias ont fait l’amalgame, « accéder à la propriété » et « améliorer ses conditions de logement » (Expansion 28 septembre 2005). Acheter son logement en s’endettant sur 25 ans c’est signer un contrat de pouvoir payer une somme fixe pour un bien fixe (immobilier). Revendre le logement signifiera rembourser la banque des sommes restants dues. Croire que l’on « investi » dans l’immobilier en achetant son premier logement est utopique car la notion d’investissement se double de la notion de diversification. Mettre 30 % de ses revenus dans le remboursement de son logement pour une période très longue n’est qu’un endettement. L’investissement c’est retiré des revenus de son bien et ces revenus doivent être arbitré au regard des rendements que l’on trouve sur le marché (bourse, sicav, compte à terme…). Comme le constate l’étude Crédit Foncier-ESSEC :  » les ménages primo-accédants célibataires ou les couples sans enfant sont plus touchés par la baisse de la capacité d’achat que les couples avec deux enfants, qui continuent de bénéficier des critères favorables d’attribution du prêt à taux zéro « . Les conséquences sociales ne seront donc pas les mêmes pour tous. Une approche régionale de la même étude révèle que l’Ile-de-France et la région PACA présentent toujours les plus faibles capacités d’achat des PA avec respectivement 40,9 m2 et 42,7 m2. A l’inverse, l’Auvergne devient la région avec la capacité d’achat la plus élevée, de 101,5 m2. En Rhône-Alpes, elle tourne autour de 59,1 m2. Une preuve que les disparités régionales se confirment (les Echos – 2006) Michel Mouillart, professeur à Paris X-Nanterre, rédacteur du rapport de cet Observatoire du financement, et plus connu pour ses affinités avec le groupe F.N.A.I.M et ses chiffres mensuels opaques, explique que les ménages dont les revenus sont inférieurs à trois smic n’ont plus accès au crédit immobilier. Faute des revenus nécessaires permettant d’emprunter suffisamment, plus de 90 000 acheteurs potentiels ont ainsi été exclus du marché en 2005. Cela touche en premier lieu les jeunes, les ménages modestes et les primo-accédants, qui ne disposent pas du capital constitué par la vente d’un premier bien (on vérifie ici les propos que nous avons donné dans notre introduction). Leur part est passée de 76 % du total des acheteurs en 1998 à 63 % en 2004. L’explication est simple : en six ans, ils ont perdu un quart de leur pouvoir d’achat immobilier.

Des constats d’une mutation du marché. Il n’est toutefois pas seul à avoir constater une profonde mutation du marché. Le taux d’effort (la part des revenus consacré au logement) est passé de 21% en 1998 à 31% en 2005 (voir beaucoup plus en Ile de France) selon le Crédit Agricole. D’après l’un de leur expert ce sont les primos qui souffrent le plus. « Ils sont clairement sortis du marché à Paris et dans les villes de province, comme Marseille, Lyon ou Lille, ainsi que dans leurs périphéries », affirme Guy Nafylian, PDG de Kaufman & Broad. Autrefois largement majoritaires, leur nombre a dégringolé de 76 à 63%, selon Michel Mouillart, professeur à Paris X-Nanterre, et jusqu’à 56% en Ile-de-France et 55% sur la Côte d’Azur. Isabelle Rey-Lefebvre dans un entretien avec Le Monde du 5 octobre 2004 constatait qu’aujourd’hui, on peut dire que ceux que l’on appelle les primo-accédants sont désolvabilisés en grande partie. L’introduction du rapport d’information (5 octobre 2005) de Philippe Marini fait au nom de la Commission des Finances révélait : « De ce point de vue, il apparaît de plus en plus clairement, en raison de l’essoufflement des facteurs de hausses des prix et de la dégradation de la solvabilité des ménages, à commencer par celle des primo acquéreurs, que le marché immobilier a atteint, en ce qui concerne les logements, un point haut. […]Pour acquérir un appartement de 60 m² sans apport personnel à Paris, il faudrait que notre ménage dispose de revenus annuels de 50.000 euros pour un prêt à 30 ans, de 55.000 euros pour un prêt à 25 ans (soit deux fois les revenus moyens d’un ménage) et de 75.000 euros pour un prêt à 15 ans.[...]On comprend donc pourquoi, au moins en ce qui concerne les primo acquéreurs, la capacité d’acquisition des ménages se soit dégradée à un point tel en 2005 que la demande ne puisse désormais que fléchir. Les primo-accédants se voient peu à peu évincés du marché immobilier au profit d’acheteurs dotés d’un apport personnel élevé, généralement du fait d’une revente préalable d’un logement. » Le Nouvel Economiste du 9 juillet 2004 faisait une petite démonstration avec Régis Henry, secrétaire général du Crédit immobilier de France-Bretagne : « Avec 2.000 € disponibles par mois, un ménage peut supporter une mensualité de 660 €. Si le taux est à 5 % sur 20 ans, le capital emprunté atteint 100.000 €. Si le taux est à 6,5 %, le montant de l’emprunt tombe à 88.000 €. Il n’y a alors qu’une solution pour obtenir les 100.000 €, c’est allonger la durée du crédit jusqu’à 24 ans ». Une durée qui, elle aussi, a ses limites. Déjà, nombre de primo-accédants s’endettent pour 25 ans, voire 30 ans. Jean-Pierre Petit, directeur de la Recherche économique et de la Stratégie d’Investissement chez Exane-BNP Paribas constatait que la part des P.A régresse et que, ajouté à une multitude d’autres indicateurs, cela faisait pencher la tendance vers une bulle immobilière. Il est actuellement fabuleux de constater que personne ne nie la perte des P.A mais la proportion des personnes qui semblent comprendre les répercussions sur le marché immobilier apparaissent incroyablement moins nombreuses. Faisant ainsi suite aux demandes répétées de la Banque De France la plupart des banques françaises ont resserrées leurs possibilités d’octroi d’un prêt (apport perso obligatoire par exemple, expertise du logement systématique pour les cas les plus difficiles…). Après la remonté des taux que nous avons connu, l’éviction des primos à l’acquisition est consommé : ce sont eux qui ont l’apport personnel le plus faible car ils n’ont revendu aucun logement. La très forte concurrence amène les banques à travailler en cette fin d’année 2006 avec des marges négatives sur les prêts immobiliers. La possibilité d’attirer de nouveaux clie nts et de leur consommer d’autres produits financiers laisse encore quelques possibilités de manœuvre.

. On se rend compte que la progression des coûts d’un prêt ira bien plus loin que le simple accroissement des taux de la Banque Centrale Européenne. Il sera intéressant de surveiller ces évolutions dans les trimestres qui viennent car ils joueront parallèlement en défaveur des P.A. Dans le marché du neuf, Alain Dinin, PDG de Nexity, remarque qu’au début des années 2000, les PA représentaient 35 % des ventes de l’entreprise. En 2005, ils ne sont plus que 19%. A Paris, même les quartiers populaires sont devenus trop chers pour les P.A.

Un peu d’intox. Seul quelques irréductibles tentent encore de faire signer les primos à tout prix. Ainsi, le 6 juillet 2006, l’enseigne d’agences immobilières Century 21 n’hésitait pas à écrire dans sa lettre de tendance du second semestre : « Le marché restera soutenu par les primo-accédants et les classes d’âges les plus jeunes. » et d’écrire plus bas « Pour l’atterrissage des prix, la piste n’est pas encore en vue ». D’un point de vu économique, on notera cette énorme contradiction ! Quand ce type de point de vu est diffusé par un groupement d’agences immobilières (déjà fortement pointé du doigt par ceux qui pensent que l’envolée des prix de l’immobilier est de leur fait) il est fort probable que des comptes soient à rendre dans un proche avenir. Au-delà du simple fait d’acheter, certains primos sont conforté dans leur acte d’achat par les conseilles d’ « Experts » ou d’ « Economistes » qui pensent sortir leur épingle du jeu même en cas de baisse du marché. Ainsi, la moins value, ou la négative equity, n’existera qu’en cas de revente. On leur faire alors croire qu’il est judicieux de ne pas revendre mais « intelligent » de mettre en location son logement. Les revenus alors dégagés de la location leur permettront de rembourser le prêt d’un second bien ou de son loyer. Ce calcul ne tient souvent pas compte des paramètres essentiels que sont la fiscalité applicable aux locations (et ses évolutions impossible à prévoir), les possibilité de prêt (et le taux) des banques ainsi que le rendement de la location présumée (et ses risques). Au final, louer son premier logement avec un rendement brut de 2% ou 4%, être taxé fiscalement sur cette location, rembourser un prêt parallèlement (en plus du premier si celui-ci n’est pas soldé) et risquer tous les soucis lié à la location (dégradation, contentieux…) n’est pas systématiquement, loin s’en faut, Le Bon Plan.

Conclusion. L’exclusion des primos du marché immobilier est donc réelle. Les répercussions sur les tendances futures, les volumes de vente et les prix, seront – sont – substantielles et sans doute très dures. Les conséquences sociales seront doubles avec d’une part l’exclusion de certains secteurs géographiques au regard des prix et d’autre part par un niveau d’endettement profond, long et difficile à maîtriser (accident de la vie, revente…) dont les répercussions se mesureront encore dans 15 ans. Les aides misent en place pour favoriser leur accès sont parfois dénuées de sens au regard des conséquences parfois inverses de celles désirées.

L’avenir nous dira bientôt s’il était judicieux d’être prudent ou de foncer (ou de faire foncer) tête baisser les primos dans un marché immobilier glouton.

par VTT Déchaîné et Alcid Lid

Nouvelles dispositions pour le logement social.

Faisant suite au dernier congrès HLM (19 au 21 septembre 2006 à Bordeaux) de nouvelles mesures destinées à soutenir les opérations de logements sociaux ont été prises. Petites explications.

La Caisse des Dépôts et Consignation est l’organisme qui permet de financer une partie du logement social en France. Cet organisme prête donc l’argent aux organismes H.L.M pour que ceux-ci construisent des logements sociaux.

Pourtant, après le dernier congrès H.L.M des mesures ont été prises qui doivent, nous dit-on, soutenir les opérations de logements sociaux. Pour être précis, je souligne qu’il y a plusieurs types de logements sociaux. Certains logements permettent des prêts plus favorables avec des loyers plus faibles. C’est une bonne notion de « donnant-donnant » : moins cher de loyer = moins cher de prêt.

Une très grande partie des logements sociaux en France sont des P.L.U.S (Prêt Locatif à Usage Social). Nous diront que ce sont les logements H.L.M « conventionnels ». Ces P.L.U.S (ou leur équivalents passés) représentent l’écrasante majorité des logements sociaux. Puis viennent les logements P.L.A.I (Prêt Locatif Aidé d’Insertion) qui ont un loyer moins élevé et qui sont des logements normalement réservé à des personnes qui ont moins de ressources financières.

Enfin, on trouve une foultitude de logements pour des personnes avec des moyens très faibles ou qui rentrent dans des cadres administratifs et légaux restreints. On peut les qualifier de niches du logement social. Bien des organismes H.L.M n’en compte aucun dans leur patrimoine car la demande sur certains secteurs est nul ou trop faible.

On compte ainsi plus d’une vingtaine de types de prêts qui sont autant de type de logements associé à des niveaux de loyers, de revenus ou d’occupations différents.

Les propositions.

Or, les propositions de la Caisse des Dépôts et Consignations (C.D.C) ne portent justement pas sur les P.L.U.S (la majorité écrasante des logements H.L.M). Comment peut-on oser annoncer que l’on soutient la construction de H.L.M en n’aidant pas le plus gros des constructions actuelles ?

La C.D.C propose de baisser de 0,5% son taux de prêt sur les 4000 premiers P.L.U (type de logements marginal au regard de leur volume de construction) dans les deux prochaines années soit 2000 logements/an… soit moins de 0,5% de production annuelle de logement en France.

La C.D.C propose de baisser de 0,5% son taux pour les P.L.A.I. Toutefois la mesure n’est valable qu’un an et seulement un an. En novembre 2007, le taux reviendra à son seuil normal pour les nouvelles opérations. Comment peut-on dire soutenir durablement le logement social en annonçant une mesure valable 1 an ?

La C.D.C propose le financement gratuit pendant 15 ans du foncier pour la construction de logements neufs construit en remplacement de logements cédés à l’accession pour les locataires occupants. Cette proposition, si elle peut apparaître intéressante, ne concerne qu’une très très faible proportion du patrimoine H.L.M. Le nombre de logements cédés à la vente est faible. Ces logements mises en vente ne sont d’ailleurs pas toujours acheté par les locataires occupants. Cette mesure de la C.D.C ne concerne là encore qu’un très faible volume de logements. Par ailleurs, le financement de la partie « foncier » d’une opération de construction est loin d’être la plus importante. Une part des acquisitions foncières des organismes H.L.M se fait « gracieusement » ou dans des conditions économiques favorables. C’est le coût des travaux qui grève le plus les finances mais la C.D.C n’apporte pas d’aide sur ce point.

Le C.D.C propose aussi d’allonger la durée des prêts pour les opérations de constructions/démolitions. Cet allongement ne coûte rien à la C.D.C ! Par contre allonger la durée d’un prêt augmente le coût final du prêt. Ce sont les organismes H.L.M (et au travers d’eux les locataires) qui payeront la note des intérêts supplémentaires sur ces 5 années. La C.D.C propose un allongement de 5 ans pour les réhabilitations. Nous nous retrouvons dans le même cas que précédemment : la C.D.C ne devra pas débourser 1 centime pour cette mesure.

Au final que propose la C.D.C ? Elle met en œuvre des baisses sur des parties marginales du logement social. Les autres propositions concernent des allongements de prêts qui ne coûtent rien à cet organisme. Le logement social est une forêt en flamme de plusieurs centaines d’hectares. La CDC a décidé d’arroser la lisière avec un arrosoir alors qu’il faudrait des canadairs.

VTT Déchaîné et Alcid Lid

Témoignages…

Voici un article destiné à recueillir un maximum de témoignages centrés sur les arnaques ou désagréments que vous avez pu rencontrer lors de locations vis à vis de propriétaires particuliers ou d’agences.

Pas de nom pour le propriétaires particuliers, mais pas de souci pour nommer les agences.

Gardez en tête un objectif pédagogique, et merci de vous auto-modérer :-)

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