Le PS soutient le collectif Jeudi Noir


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Jeudi noir à Matignon ! Eva Joly fait reculer la maréchaussée

Place Publique

Joli coup médiatique : À peine expulsés de la Marquise, place des Vosges, ses habitants remettent le couvert en occupant un immeuble de 2500 m2, au 22 avenue Matignon !

Squat Matignon : La situation au 15 Janvier 2011

« J’appelle la police ! Eva Joly fait reculer la maréchaussée  »

Les CRS qui montent la garde devant le 22 avenue Matignon avaient reçu des ordres « d’en haut » : Ceux de ne pas laisser passer ni nourriture, ni médicaments, afin de « faire craquer les squateurs », dixit un CRS en tenue. http://www.dailymotion.com/video/xg…) Idem pour la presse, tenue à l’écart du bâtiment pendant 48 heures. Pourtant, en France, interdire le droit de circuler est encore, que je sache, illégal. La liberté de la presse est censée être garantie par la loi, contrairement à la Hongrie.

Mais visiblement, ces derniers temps, sortir de la légalité n’est plus un problème pour les forces de l’ordre. A moins qu’elles n’aient une lecture très restrictive de leur rôle de protection des citoyens ? Les habitants du 22 avenue Matignon ne représentent pas, pourtant un réel danger pour la population du 8e arrondissement de Paris ?

A moins que ce ne soit l’impunité de leur ministre de tutelle, Brice Hortefeux, premier ministre de l’intérieur de la Ve république condamné et maintenu à son poste, qui leur donne des idées ? Il aura fallu l’arrivée d’Eva Joly, venue apporter son total soutien à Jeudi Noir et accompagnée d’une énorme galette des rois, pour que nos anges gardiens carapaçonnés lâchent enfin du lest.

Après quelques bousculades et moultes pourparlers, certains journalistes purent rentrer dans le bâtiment pour faire leur travail, accompagnés par la candidate de Génération écologie et les élus locaux venus en renfort. Le temps de faire une visite des 8 étages, de distribuer des victuailles aux habitants et de tirer les rois ! Eva Joly s’est ensuite proposée comme médiatrice entre Axa et les habitants afin d’obtenir un bail précaire. La fête continue…

Certains actes ont valeur de symboles. Face au silence de plus en plus assourdissant des pouvoirs publics et des partis politiques en matière de lutte contre le mal logement, les jeunes militants de Jeudi Noir ont décidé une fois encore d’appliquer à la lettre la loi de réquisition des logements vides.

C’est le lendemain de la parution de l’enquête Insee qui confirme les chiffres catastrophiques du mal logement en France qu’ils ont officialisé leur installation, depuis le 27 décembre, dans un immeuble de bureaux vide. Ce matin, 7 janvier 2011, le collectif a pendu la crémaillère du 22 avenue Matignon et présenté ses vœux à la presse, à un jet de pierre de l’Élysée et un tir de snipper de l’ambassade d’Israël, derrière une haie fournie de RG et de CRS, périmètre protégé oblige.

De nombreux soutiens étaient de la fête, comme l’inoxydable Monseigneur Gailllot ou Augustin Legrand, le cofondateur des Enfants de Don Quichotte. Aujourd’hui conseiller régional, il a insisté sur la supercherie que représente « la France des proprios de Sarkozy et a rappelé que face au concours de super menteurs de la droite et au problème crucial du logement social, la région Île de France dont ce n’est à priori pas le rôle, a voté un budget d’1 milliard d’euros pendant 4 ans ». Bel effort, quand on sait que seulement 2,5% du PIB finance la politique du logement en France.

5 millions de m2 de bureaux vides à Paris.

Il y a deux mois, lors de l’expulsion de la place des Vosges (voir Place Publique du mois d’octobre 2010) la veille de la trêve hivernale, les Marquisards avaient promis de ne pas en rester là. « L’occupation de cet immeuble de 2500 m2 propriété des assurance Axa et vide depuis 2006 est un juste retour des choses. Une trentaine de militants et jeunes précaires y sont logés depuis le 27 décembre, ainsi que deux familles, avis d’un huissier de justice faisant foi. Nous avons l’eau et l’électricité. La topographie des lieux (de vastes plateaux de 250 m2) permet également d’imaginer des espaces de travail ou des ateliers d’artistes.

« Grâce à sa proximité avec la Place Beauvau, et sa vue directe sur le palais de l’Elysée, nous espérons qu’il rappellera les 3 millions de mal logés (enquête de l’Insee parue le 6 janvier) au bon souvenir de nos dirigeants », a ironisé Julien Bayou. Et de rappeler que nous sommes tous concernés par la bulle immobilière : « Les prix des logements ont triplé en 12 ans à Paris, les loyers ont augmenté de 50%. Se loger décemment est devenu totalement inabordable pour les précaires et pour les jeunes et difficile pour la classe moyenne ».

2 millions de logements vides en France

Clémentine Autin, la codirectrice du mensuel Regards a enfoncé le clou : « Rien n’est fait pour juguler la spéculation immobilière. Pourtant les solutions simples existent. Il suffit par exemple d’affirmer que le droit au logement est supérieur au droit de propriété. Et autour de ce problème crucial du logement, il serait grand temps que les partis de gauche agissent. Et affirment clairement qu’une société qui progresse, c’est une société qui élargit le socle de ses droits. En France, nous sommes en totale régression ! » Jean-Baptiste Heyraud, du Droit Au Logement a rappelé que le propriétaire des lieux, AXA, est l’un des organismes d’assurances qui pratiquent un lobbying intensif afin d’obtenir la suppression des délais d’expulsion.

La transition était toute trouvée pour attirer, s’il en était besoin, l’attention de l’auditoire sur le caractère liberticide de la loi LOPPSI 2 qui passe dans 15 jours à peine en seconde lecture au Sénat. Une journée d’action nationale a été décidée pour le 15 janvier. Les politiques présents sur les lieux comme Yves Contassot des Verts, Martine Billard, co-présidente du parti de gauche, Karima Delli eurodéputée Europe Écologie, ou Aurélie Filipetti, députée PS de Moselle ont ensuite apporté leur soutien aux Jeudi Noir. À midi, les CRS faisaient toujours blocus à l’entrée de l’immeuble. A l’intérieur, sono à fond et café chaud, une ambiance de fête et de saine révolte régnait… de quoi réjouir Stéphane Hessel et tous les démocrates, forcément indignés.

Un blocus pas très net contre Jeudi noir

L’Humanité

Depuis une semaine, un imposant dispositif policier est déployé devant l’immeuble occupé par le collectif des « galériens du logement ». Un blocus sans réel fondement légal que dénoncent plusieurs élus de gauche.

Des occupants assignés en résidence, des élus triés sur le volet et des journalistes persona non grata mais recensés. Point de dictature exotique, l’action se déroule avenue Matignon, à Paris. « Si t’es pas content, t’as qu’à aller faire un tour en Tunisie », nous lancera même un des pandores chargé de filtrer les allées et venues devant l’immeuble d’Axa qu’occupe, depuis le 8 janvier, le collectif Jeudi noir.

« C’est le règne de l’arbitraire. Il y a en permanence une quinzaine de policiers qui nous empêche de faire des courses et d’aller chercher nos affaires », témoigne Simon, un des vingt-quatre occupants. Un blocus « juridiquement illégal », explique Me Afane-Jacquart. « C’est une affaire de droit privé entre le propriétaire, qui n’a d’ailleurs pas déposé plainte, et les occupants. L’État n’a pas à intervenir. » De son côté, la préfecture de police évoque « la proximité de sites diplomatiques sensibles ». Un dispositif dénoncé par les partis de gauche venue apporter son soutien aux squatteurs. Pour Pierre Laurent (PCF), ces mesures ont « un caractère vexatoire » car « cette occupation symbolique met le doigt sur les aberrations qu’engendre la spéculation menée par les grands groupes d’assurances ou bancaires ». Le tribunal de Paris a quant à lui débouté, hier, un membre du collectif qui réclamait la levée du blocus.

Lionel Decottignies

Jeudi Noir : soutien de Pierre Laurent

Pierre Laurent s’est rendu ce matin dans l’immeuble occupé par Jeudi Noir. A cette occasion, il a affirmé le soutien du PCF à cette initiative et aux revendications de l’association.

Il a déclaré : « Le blocus de l’immeuble par les forces de l’ordre doit être immédiatement levé pour permettre aux occupants de circuler librement. A l’heure où la crise du logement en France et singulièrement à Paris est plus aiguë que jamais, le combat des membres de l’association Jeudi Noir est essentiel. Comment justifier que tant de femmes et d’hommes n’aient pas accès au logement alors que plus de 4 millions de mètres carrés de bureaux sont aujourd’hui vides en région parisienne ?  La loi de réquisition des logements vides doit être appliquée et une taxe dissuasive pour la vacance des bureaux doit être créée. Nous demandons également à AXA de prendre ses responsabilités en commençant par accepter de signer une convention d’occupation temporaire comme le demandent les membres de l’association. Le Parti communiste français et ses élus resteront mobilisés jusqu’à un accord garantissant une utilisation de ce bâtiment à des fins sociales et non financières. »

Pierre Laurent,
Secrétaire national du PCF

JEUDI NOIR SQUATTE EN FACE DE L’ELYSÉE

Télélibre

Nous sommes les premiers à vous l’annoncer: Jeudi Noir envisage de porter plainte contre la préfecture de Paris ces prochains jours. Objet de cette plainte : le blocus policier stationné 22 avenue Matignon dans le 8e arrondissement de Paris, adresse du nouveau squat du collectif.

Voici le premier reportage vidéo de Jonathan Bordessoule, avec à la caméra, un Reporter-Citoyen, Anglade Amédée

Depuis le 27 décembre 2010, Jeudi Noir occupe un vaste immeuble de bureaux vides appartenant à la société Axa – situé à une centaine de mètres de l’Elysée – pour protester contre le mal logement en France. Le collectif s’appuit sur la loi Dalo – qui permet sur décision du préfet de réquisitionner des logements vacants afin de lutter contre la pénurie de logement – pour justifier son action. Les locaux de la compagnie d’assurance, vides depuis 2006 et qui comptent 8 étages pour 2500 m2 habitables, font actuellement l’objet d’un blocus policier. A l’heure actuelle, une trentaine de membres du collectif sont autorisés à « squatter » les lieux. Et si aucune plainte d’Axa n’a encore été officialisée, les forces de police refusent – sur ordre de la préfecture de Paris – toute autre entrée dans le bâtiment.

Le Modem et la gauche en soutien
Jeudi Noir – soutenu par la gauche et le Modem – a déjà reçu la visite de plusieurs personnalités politiques, à l’image d’Eva Joly (Verts), Aurélie Filippetti (PS), Martine Billard (Parti Gauche), Jean-Paul Huchon (PS) et Benoît Hamon (PS). Du coté de la droite, le député Etienne Pinte (UMP) se démarque de ses collègues en soutenant lui aussi le collectif. Mardi dernier, c’était au tour d’Olivier Besancenot (NPA) et Jean Luc Mélenchon (PG) de rendre visite à Jeudi Noir. Avec des radiateurs en guise de présent, ces deux derniers ont pu tester l’imperméabilité du blocus. Nous avons choisi cette journée pour nous rendre sur place et visiter le nouveau squat de Jeudi Noir. Le porte parole du PC Pierre Laurent se déplacera quant à lui sur les lieux demain vendredi.

Jonathan Bordessoule
Image : Anglade Amédée
Montage : Etienne Broquet