Des mal-logés dorment au bureau

l’humanité

Face à la crise du logement, des jeunes précaires pointent les millions de m² vides.

Les grands groupes sont dans le viseur des militants du logement. Depuis plus d’un mois, une vingtaine de jeunes précaires occupent un immeuble vacant de 5 000 m², propriété du groupe d’assurance Groupama, près de la place de la République dans le 10e, à Paris. « On est tous dans l’impossibilité de trouver un appartement », confie Vincent, trente ans. Ses « colocataires » et lui doivent comparaître aujourd’hui devant le tribunal d’instance de Paris pour occupation illégale.

Plus récemment, depuis le 27 décembre, des militants du collectif Jeudi noir se sont eux aussi installés, à deux pas de l’Élysée, dans un immeuble inoccupé depuis quatre ans, que possède le groupe Axa. Derrière l’évidente précarité de leurs situations, ces mal-logés dénoncent le scandale des bureaux vacants. « Ils sont libres, appartiennent à des groupes au patrimoine très large et ne servent qu’à spéculer », explique Margaux, militante du collectif. En région parisienne, on recense près de cinq millions de m² de bureaux vides, qui, contrairement aux immeubles d’habitation, ne sont pas soumis à la taxe sur la vacance. « Nous pourrions les transformer en logements », assure Margaux. Jeudi noir et le DAL réclament une taxation sur les bureaux vides et l’application de la loi de réquisition.

Lionel Decottignies

Hidalgo va aller soutenir « Jeudi Noir »

JDD

La Première adjointe au Maire de Paris, Anne Hidalgo, va rendre visite à « Jeudi Noir » aujourd’hui à 16h45 pour soutenir le collectif qui occupe un immeuble, avenue Matignon dans le 8e arrondissement, depuis une semaine. Elle sera accompagnée de Bruno Julliard, adjoint chargé de la jeunesse, et de Rémi Féraud, premier secrétaire fédéral PS de la capitale.

Communiqué de presse de Jean-Yves LE BOUILLONNEC et Thierry REPENTIN :

Jean-Yves LE BOUILLONNEC, député socialiste du Val-de-Marne, et Thierry REPENTIN, sénateur socialiste de Savoie, chefs de file logement des groupes socialistes de l’Assemblée Nationale et au Sénat, se sont rendus hier après-midi au 22 avenue Matignon. Ils n’ont pu accéder à cet immeuble de bureaux appartenant à Axa et occupé par Jeudi Noir depuis le 27 décembre 2010 qu’après avoir présenté leurs papiers en raison d’un blocus policier drastique. Ce blocus a privé les squatteurs de nourriture pendant plus de 24 heures en fin de semaine dernière et empêche encore aujourd’hui l’entrée de matériels essentiels tels que des radiateurs.

Jean-Yves LE BOUILLONNEC et Thierry REPENTIN appellent le Préfet de Paris à mettre fin à cette situation indigne en rétablissant la liberté de circulation des habitants de Jeudi Noir. Ils demandent en outre à Axa de trouver une solution acceptable, a minima durant la période hivernale.

L’échange s’est noué entre les parlementaires et l’association dans une ambiance conviviale et détendue, autour d’un repas partagé.

L’occupation par Jeudi Noir du 22 avenue Matignon interpelle les consciences sur la difficulté de se loger à Paris à un prix décent dans un certain nombre d’arrondissements centraux et ce, malgré la politique volontariste et innovante de la Ville de Paris. Ainsi le « triangle d’or » perd des habitants et se transforme en quartier tertiaire. Pour lutter contre cette tendance et mieux répondre aux besoins en logements des parisiens et des franciliens, Jean-Yves LE BOUILLONNEC et Thierry REPENTIN rappellent l’Etat à ses responsabilités. Par exemple, lors de cessions d’une partie de son patrimoine immobilier, il pourrait appliquer d’office la décote de 30% rendue possible par la loi et céder le bien dans le cadre d’une opération de logements sociaux. Il pourrait aussi plafonner les prix au mètre carré, comme le ministre du logement s’y était engagé il y a quelques mois.

Sarkozy est un mauvais voisin

Dans libéblog: En direct de la crise du logement

17h, mercredi soir,  au moment des vœux de notre célèbre voisin aux parlementaires, plusieurs d’entre eux avaient séché.

Une sénatrice du Parti de Gauche et quatre députés Verts sont arrivés, armés de tabourets, de lampes avec ampoules de basse-consommation, ainsi que de fruits et légumes bio. A l’occasion de leur venue, le ministère de l’Intérieur avait dépêché 70 gendarmes en mode «Robocop» devant notre bâtiment.

Pendant plus d’une heure les slogans ont fusé«laissez entrer les tabourets», «le Commissaire est d’accord pour l’étagère». Mais rien à faire, nos affaires sont restées à la porte.

Occupants du lieu depuis le 27 décembre 2010, découverts par la police le 7 janvier, et depuis impossible de rentrer chez soi. Les habitants négocient en permanence pour faire entrer les élus, ramener de la nourriture, ou essayer (en vain) de faire rentrer copains et copines. Occupants sans droits ni titre, le plus absurde de cet affrontement est que nous ne sommes pas dans l’illégalité, nous n’avons toujours pas reçu d’assignation du juge, et nous sommes encore moins jugés coupables, et condamnés à l’expulsion.

On est donc en droit de se demander ce que fait la police devant chez nous, et pourquoi elle filtre les entrées ? En effet, il n’y a aucune justification à ce que soit remis en cause le droit d’habitation, comme la liberté de circulation. Ce constat fait consensus: les élus PG et Verts ont écrit au préfet, quant à Etienne Pinte, député UMP des Yvelines, il s’est engagé à en parler a Brice Hortefeux.

C’est ce qui nous faire dire que Nicolas est un mauvais voisin. Si il a besoin de sel, on ne lui filera que du poil à gratter… mais tiens, on dirait que ça le démange déjà… de nous expulser.

Radio campus: La Matinale du 10 janvier

Ce lundi Maxime, Guillaume et l’équipe de Contrepoint reçoivent: ici

– Marine Tondelier, porte-parole des Jeunes Verts et membre d’Europe Ecologie Les Verts, et Pierre Champard, président d’Act Up Paris, pour parler de « l’hypocrisie de la politique de la France en matière de drogues ».

– Maxime, membre de Jeudi Noir pour faire le point sur la situation du nouveau squat avec vue sur l’Elysée du collectif parisien.

– Benjamin Haddad, le président de Génération France Jeunes, le nouveau visage des jeunes de droite.