Communiqué de presse de Jean-Yves LE BOUILLONNEC et Thierry REPENTIN :

Jean-Yves LE BOUILLONNEC, député socialiste du Val-de-Marne, et Thierry REPENTIN, sénateur socialiste de Savoie, chefs de file logement des groupes socialistes de l’Assemblée Nationale et au Sénat, se sont rendus hier après-midi au 22 avenue Matignon. Ils n’ont pu accéder à cet immeuble de bureaux appartenant à Axa et occupé par Jeudi Noir depuis le 27 décembre 2010 qu’après avoir présenté leurs papiers en raison d’un blocus policier drastique. Ce blocus a privé les squatteurs de nourriture pendant plus de 24 heures en fin de semaine dernière et empêche encore aujourd’hui l’entrée de matériels essentiels tels que des radiateurs.

Jean-Yves LE BOUILLONNEC et Thierry REPENTIN appellent le Préfet de Paris à mettre fin à cette situation indigne en rétablissant la liberté de circulation des habitants de Jeudi Noir. Ils demandent en outre à Axa de trouver une solution acceptable, a minima durant la période hivernale.

L’échange s’est noué entre les parlementaires et l’association dans une ambiance conviviale et détendue, autour d’un repas partagé.

L’occupation par Jeudi Noir du 22 avenue Matignon interpelle les consciences sur la difficulté de se loger à Paris à un prix décent dans un certain nombre d’arrondissements centraux et ce, malgré la politique volontariste et innovante de la Ville de Paris. Ainsi le « triangle d’or » perd des habitants et se transforme en quartier tertiaire. Pour lutter contre cette tendance et mieux répondre aux besoins en logements des parisiens et des franciliens, Jean-Yves LE BOUILLONNEC et Thierry REPENTIN rappellent l’Etat à ses responsabilités. Par exemple, lors de cessions d’une partie de son patrimoine immobilier, il pourrait appliquer d’office la décote de 30% rendue possible par la loi et céder le bien dans le cadre d’une opération de logements sociaux. Il pourrait aussi plafonner les prix au mètre carré, comme le ministre du logement s’y était engagé il y a quelques mois.

Sarkozy est un mauvais voisin

Dans libéblog: En direct de la crise du logement

17h, mercredi soir,  au moment des vœux de notre célèbre voisin aux parlementaires, plusieurs d’entre eux avaient séché.

Une sénatrice du Parti de Gauche et quatre députés Verts sont arrivés, armés de tabourets, de lampes avec ampoules de basse-consommation, ainsi que de fruits et légumes bio. A l’occasion de leur venue, le ministère de l’Intérieur avait dépêché 70 gendarmes en mode «Robocop» devant notre bâtiment.

Pendant plus d’une heure les slogans ont fusé«laissez entrer les tabourets», «le Commissaire est d’accord pour l’étagère». Mais rien à faire, nos affaires sont restées à la porte.

Occupants du lieu depuis le 27 décembre 2010, découverts par la police le 7 janvier, et depuis impossible de rentrer chez soi. Les habitants négocient en permanence pour faire entrer les élus, ramener de la nourriture, ou essayer (en vain) de faire rentrer copains et copines. Occupants sans droits ni titre, le plus absurde de cet affrontement est que nous ne sommes pas dans l’illégalité, nous n’avons toujours pas reçu d’assignation du juge, et nous sommes encore moins jugés coupables, et condamnés à l’expulsion.

On est donc en droit de se demander ce que fait la police devant chez nous, et pourquoi elle filtre les entrées ? En effet, il n’y a aucune justification à ce que soit remis en cause le droit d’habitation, comme la liberté de circulation. Ce constat fait consensus: les élus PG et Verts ont écrit au préfet, quant à Etienne Pinte, député UMP des Yvelines, il s’est engagé à en parler a Brice Hortefeux.

C’est ce qui nous faire dire que Nicolas est un mauvais voisin. Si il a besoin de sel, on ne lui filera que du poil à gratter… mais tiens, on dirait que ça le démange déjà… de nous expulser.

Radio campus: La Matinale du 10 janvier

Ce lundi Maxime, Guillaume et l’équipe de Contrepoint reçoivent: ici

- Marine Tondelier, porte-parole des Jeunes Verts et membre d’Europe Ecologie Les Verts, et Pierre Champard, président d’Act Up Paris, pour parler de « l’hypocrisie de la politique de la France en matière de drogues ».

- Maxime, membre de Jeudi Noir pour faire le point sur la situation du nouveau squat avec vue sur l’Elysée du collectif parisien.

- Benjamin Haddad, le président de Génération France Jeunes, le nouveau visage des jeunes de droite.

Les élus du Parti de Gauche demande au préfet de lever le camp.

Lettre ouverte à Monsieur Michel GAUDIN, préfet de police de Paris, par les élus du Parti de Gauche

Lettre ouverte au préfet_Occupation avenue Matignon

Communiqué de presse des député-es Europe Ecologie – les Verts Paris, le 13 janvier 2011

Mercredi 12 janvier 2011, les forces de police ont bloqué l’accès aux député-es, aux conseillers de Paris
et conseillers régionaux écologistes venus apporter victuailles et petit mobilier à ceux que l’on peut appeler «les
assiégés de Matignon». Dans une confusion difficile à comprendre, où l’on autorise un temps une chaise à être
introduite mais où un panier de pommes semble constituer une grave menace à l’ordre public, il aura fallu que
nous appelions la préfecture puis le ministère afin de pouvoir pénétrer dans l’immeuble et de faire respecter la
liberté de circulation des représentants de la nation que nous sommes.

Une heure durant, les forces de police auront donc tout fait pour empêcher notre entrée.

Cette occupation symbolique d’un immeuble vacant depuis 5 ans rappelle pourtant que depuis l’élection de Nicolas
Sarkozy la crise du logement n’a cessé de s’aggraver.

La politique pour une «France de propriétaires» a débouché sur des mesures budgétaires et fiscales très coûteuses
sans le moindre résultat pour abaisser le coût d’accès au logement. Dans le même temps, malgré des effets
d’annonce sur le «droit au logement opposable», le désengagement de l’Etat pour le logement social se poursuit.
Rien n’a été fait pour lutter efficacement contre le phénomène des logements vacants et exercer la loi de réquisition.

Les député-es Europe Ecologie – Les Verts ont demandé la tenue à l’Assemblée nationale d’un débat sur l’application
de la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain). Il aura lieu le 3 février. Mais l’attitude des forces policières
ce soir ne participe pas à nous rassurer quant à la volonté de dialogue et d’écoute d’un gouvernement plus
enclin à utiliser la force et ce au mépris des droits les plus élémentaires.

Les députés Europe Ecologie demandent donc :

- que soit reconnue la libre circulation des personnes logées à cette adresse avant que toute décision de justice
soit prise dans le cadre des procédures en cours ;
- que ces mêmes personnes puissent être en mesure de recevoir toute aide médicale et alimentaire nécessaire;
- qu’il ne soit pas permis aux forces de police de se substituer à toute décision de justice;
- que la libre circulation des élu-es soit assurée en ce lieu.

Les parlementaires ont envoyé une lettre au Préfet de police de Paris pour rappeler au respect de leur liberté de
circulation et faire entendre leurs vigoureuses protestations quant au traitement qui leur a été réservé par les
forces de police présentes au 22 de la rue de Matignon.

Les député-es Europe Ecologie-les Verts
Anny Poursinoff, Yves Cochet, Noël Mamère et François de Rugy