Les anciens locaux de La Vie occupés par le « Ministère de la crise du logement »

Philippe Merlant – publié le 10/03/2010 dans www.lavie.fr 163, boulevard Malesherbes. Cette adresse ne vous dit peut-être plus grand chose, mais ce fut, plus de cinquante ans durant, celle de la rédaction de La Vie. C’est là, dans les locaux appartenant auparavant à la revue Temps présent, que le nouvel hebdomadaire La Vie catholique illustrée fut créé par Georges Hourdin juste après la Seconde guerre mondiale. Et c’est cette même cette adresse qui donne encore aujourd’hui son nom au groupe composé par La Vie, Le Monde des Religions et Prier : « Malesherbes Publications ».

Autant dire que ce ne fut pas simple, en mars 2007, de quitter le berceau historique, d’abord pour la rue Watt, puis, en novembre dernier, pour les locaux du Monde, boulevard Blanqui.

Et ce sont ces mêmes bureaux qui, ce mercredi 10 mars, ont été occupés par les associations Dal (Droit au logement) et Jeudi noir pour les transformer en annexe du « Ministère de la crise du logement ». Voilà quatre ans, ces deux associations, dénonçant la spéculation immobilière, avaient déjà pris d’assaut les locaux désaffectés d’une banque, au 24 rue de la Banque à Paris 2e, pour y créer un « Ministère de la crise du logement ». Après trois ans de lutte et d’occupation, ce bâtiment, racheté par l’Office d’HLM de la Ville de Paris, devrait abriter 21 logements sociaux après sa rénovation.

Pourquoi avoir choisi ces locaux pour un nouveau coup d’éclat ? Dans un communiqué, les deux associations expliquent qu’après le départ de Malesherbes Publications, « le bâtiment est resté vide et son [nouveau] propriétaire, englué dans l’explosion de la bulle immobilière et la récession économique, n’arrive ni à le louer ni à le revendre, sauf à supporter de lourdes pertes ».

Elles ajoutent que « désormais réquisitionné, le bâtiment hébergera une trentaine de mal logés, étudiants, précaires, actifs, seuls ou en famille, pour la plupart reconnus prioritaires DALO (Droit au logement opposable) et, à ce titre, devant être relogés par le préfet « . Ils « attendent qu’une procédure judiciaire soit lancée afin de faire reconnaître le droit au logement face à la spéculation ».

Le « Ministère de la crise du logement » demande aussi que « l’Etat mette en œuvre la loi de réquisition afin de reloger l’ensemble des prioritaires DALO – familles, jeunes, précaires et autres galériens du logement » et que « le préfet réquisitionne cet immeuble, qu’un bailleur social parisien se porte acquéreur et contribue ainsi à développer le logement social dans un arrondissement qui en manque cruellement », à savoir le 17e.

Une cause que n’aurait sans doute pas désavouée le fondateur de La Vie.


Réquisition du 163 Bd Malesherbe
envoyé par jeudinoir. – L’info video en direct.

Jeudi-Noir / Valérie Pécresse – Manifestation 13 mars Fin de la trêve hivernale

Sur le libéblog / Les promesses de madame Pécresse

A lire ici http://ministeredelacrise.blogs.liberation.fr/logement/2010/03/le-21-janvier-dernier-nous-avions-profit%C3%A9—dun-meeting-de-lump- %C3%A0-deux-pas-de-la-place-des-vosges-pour-interpeller—val.html

et RDV samedi13 mars à 15H place de la République à Paris pour manifester contre la reprise des expulsions ! A tres bientot L’équipe de Jeudi-Noir


Les promesses de madame Pécresse

Le 21 janvier dernier, nous avions profité d’un meeting de l’UMP à deux pas de la place des Vosges pour interpeller Valérie Pécresse sur les problèmes de logement en Ile-de-France, en particulier pour les jeunes. Comme les gardes du corps de François Fillon s’étaient invités (gentiment) dans la discussion, Valérie Pécresse nous a conviés quelques semaines plus tard sur sa péniche de campagne. A vrai dire, il n’y a pas eu d’annonces fracassantes. Enfin, presque, mais vous allez voir…

Nous étions donc reçus par la candidate et pas par la ministre, c’est-à-dire par celle qui fait les promesses et pas par celle qui est censée les tenir. Premier point, qui peut être réellement intéressant, elle ne veut pas faire de distinction entre étudiants, apprentis, jeunes travailleurs… Si elle devient présidente de la Région, elle veut construire des logements pour tous ! Comme il y a un véritable manque de logements, il faut faire feu de tout bois (je vous passe le couplet « Huchon, l’a rien foutu »).

Une chance, elle est tombée sur un architecte –un vrai– Wilmotte, il s’appelle. Il propose de faire des petits cubes en bois, 13m2 pour les célibataires, 24m2 pour les couples. On pose le tout sur une barge placée en bord de Seine, comme ça pas de problème de foncier à résoudre. Il y a le même projet à Lyon. Cependant, comme dans Paris intra-muros, c’est un peu difficile de placer des barges sur tous les quais, Valérie propose un autre projet, de Jean Nouvel celui-là : un pont habité sur la Seine, du côté de Tolbiac. Au premier niveau, des commerces et restaurants qui financent la construction, au deuxième niveau un « Learning Center », et au troisième, 1000 chambres étudiantes. J’ai quelques doutes sur les 1000 chambres. Même en les montant sur 2 niveaux, ça nécessiterait de couvrir la Seine sur plusieurs centaines de mètres de long, sans parler des problèmes d’éclairage.

Bref, de grands projets, très beaux, censés coûter moins chers que des constructions classiques, mais qui sont plus de l’ordre du gadget que d’une véritable politique de logement. Quand on fait remarquer que c’est très bien de vouloir construire –c’est nécessaire– mais qu’on pourrait peut-être commencer par ne pas démolir, en donnant l’exemple de la Cité Universitaire Jean Zay à Anthony, Valérie Pécresse s’exclame « mais vous savez très bien que c’est un problème politique », rappelle que le département des Hauts-de-Seine s’est engagé à remplacer les chambres démolies (où ? quand ?) et change de sujet.

C’est vrai, quelle naïveté de notre part aussi de vouloir parler de problème politique avec une tête de liste aux régionales, accessoirement ministre responsable des CROUS… Intéressons-nous plutôt aux vrais sujets ! D’ailleurs, avons-nous un casier judiciaire vierge ? Après tout, Jean Perrin, l’inénarrable président de l’UNPI (l’Union Nationale de la Propriété Immobilière) nous a bien comparés à des pirates qui prennent les enfants en otage dans les maternelles… Aussi, quand on émet un doute sur les engagements de la ministre, par exemple à propos des travaux du 24, rue de la Harpe qui n’ont toujours pas commencé plusieurs mois après la date prévue, elle est toute surprise et s’engage à vérifier ce qu’on lui dit, ce qui est très gentil de sa part. Enfin, on aborde presque au hasard le sujet de la Marquise, et là, on s’entend répondre que les habitants étudiants pourraient peut-être obtenir une chambre en CROUS jusqu’en août prochain… Quel dommage qu’ils ne l’aient pas obtenue en septembre dernier !

• Christophe Driesbach (Jeudi Noir)

Newsletter 10 mars 2010

Sur le libéblog / Les promesses de madame Pécresse

A lire ici http://ministeredelacrise.blogs.liberation.fr/logement/2010/03/le-21-janvier-dernier-nous-avions-profit%C3%A9—dun-meeting-de-lump- %C3%A0-deux-pas-de-la-place-des-vosges-pour-interpeller—val.html

et RDV samedi13 mars à 15H place de la République à Paris pour manifester contre la reprise des expulsions ! A tres bientot L’équipe de Jeudi-Noir


Les promesses de madame Pécresse

Le 21 janvier dernier, nous avions profité d’un meeting de l’UMP à deux pas de la place des Vosges pour interpeller Valérie Pécresse sur les problèmes de logement en Ile-de-France, en particulier pour les jeunes. Comme les gardes du corps de François Fillon s’étaient invités (gentiment) dans la discussion, Valérie Pécresse nous a conviés quelques semaines plus tard sur sa péniche de campagne. A vrai dire, il n’y a pas eu d’annonces fracassantes. Enfin, presque, mais vous allez voir…

Nous étions donc reçus par la candidate et pas par la ministre, c’est-à-dire par celle qui fait les promesses et pas par celle qui est censée les tenir. Premier point, qui peut être réellement intéressant, elle ne veut pas faire de distinction entre étudiants, apprentis, jeunes travailleurs… Si elle devient présidente de la Région, elle veut construire des logements pour tous ! Comme il y a un véritable manque de logements, il faut faire feu de tout bois (je vous passe le couplet « Huchon, l’a rien foutu »).

Une chance, elle est tombée sur un architecte –un vrai– Wilmotte, il s’appelle. Il propose de faire des petits cubes en bois, 13m2 pour les célibataires, 24m2 pour les couples. On pose le tout sur une barge placée en bord de Seine, comme ça pas de problème de foncier à résoudre. Il y a le même projet à Lyon. Cependant, comme dans Paris intra-muros, c’est un peu difficile de placer des barges sur tous les quais, Valérie propose un autre projet, de Jean Nouvel celui-là : un pont habité sur la Seine, du côté de Tolbiac. Au premier niveau, des commerces et restaurants qui financent la construction, au deuxième niveau un « Learning Center », et au troisième, 1000 chambres étudiantes. J’ai quelques doutes sur les 1000 chambres. Même en les montant sur 2 niveaux, ça nécessiterait de couvrir la Seine sur plusieurs centaines de mètres de long, sans parler des problèmes d’éclairage.

Bref, de grands projets, très beaux, censés coûter moins chers que des constructions classiques, mais qui sont plus de l’ordre du gadget que d’une véritable politique de logement. Quand on fait remarquer que c’est très bien de vouloir construire –c’est nécessaire– mais qu’on pourrait peut-être commencer par ne pas démolir, en donnant l’exemple de la Cité Universitaire Jean Zay à Anthony, Valérie Pécresse s’exclame « mais vous savez très bien que c’est un problème politique », rappelle que le département des Hauts-de-Seine s’est engagé à remplacer les chambres démolies (où ? quand ?) et change de sujet.

C’est vrai, quelle naïveté de notre part aussi de vouloir parler de problème politique avec une tête de liste aux régionales, accessoirement ministre responsable des CROUS… Intéressons-nous plutôt aux vrais sujets ! D’ailleurs, avons-nous un casier judiciaire vierge ? Après tout, Jean Perrin, l’inénarrable président de l’UNPI (l’Union Nationale de la Propriété Immobilière) nous a bien comparés à des pirates qui prennent les enfants en otage dans les maternelles… Aussi, quand on émet un doute sur les engagements de la ministre, par exemple à propos des travaux du 24, rue de la Harpe qui n’ont toujours pas commencé plusieurs mois après la date prévue, elle est toute surprise et s’engage à vérifier ce qu’on lui dit, ce qui est très gentil de sa part. Enfin, on aborde presque au hasard le sujet de la Marquise, et là, on s’entend répondre que les habitants étudiants pourraient peut-être obtenir une chambre en CROUS jusqu’en août prochain… Quel dommage qu’ils ne l’aient pas obtenue en septembre dernier !

• Christophe Driesbach (Jeudi Noir)

Les positions et revendications de Jeudi Noir

Nos analyses :

Chapitre 6 : La fracture immobilière générationnelle : à lire ici

Nos propositions contre la crise du logement

Chapitre 13 : Les propositions de Jeudi Noir pour une autre politique du logement : à lire ici

Les bonnes feuilles du Petit Livre noir du logement

Jeudi-Noir sort son « petit livre noir du logement » !

Le 1er octobre Jeudi-Noir sort son « Petit livre noir du logement » aux éditions La Découverte

« Studio, 14 m2, 650 euros par mois. » Vous pensez avoir mal lu ? Détrompez-vous, les annonces de ce type ne manquent pas… À partir d’enquêtes de terrain et de données chiffrées, ce livre manifeste dresse un état des lieux de la crise du logement en France : loyers prohibitifs, scandale des appartements vacants et des bureaux vides, dérives des programmes de rénovation urbaine, inadaptation et marchandisation du parc HLM, fracture immobilière générationnelle, mirage de l’accession à la propriété, résurgence des bidonvilles… Cette expertise militante, plongeant au cœur d’un scandale français, se veut également un réquisitoire contre la démagogie du « Tous propriétaires ! », slogan remis au goût du jour par le président Sarkozy. Enfin, parce qu’ils font toujours partie des nombreux « galériens du logement » pour qui la situation est intenable, les auteurs proposent des pistes de réflexion et des moyens d’action pour en finir avec le mal-logement.

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Diaporama : Qu’est-ce que le collectif Jeudi Noir ?

Voici une présentation de notre collectif, nos actions et revendications…

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