Revue de presse

Jeudi noir: « Nous avons gagné notre combat »

L’express
Les membres de Jeudi noir ont été expulsés ce vendredi. Axa regrette l’intervention des policiers. Et le collectif promet de continuer son combat contre le mal-logement.

Le collectif Jeudi noir ne squatte plus l’immeuble de la compagnie d’assurance Axa, situé avenue Matignon. Son expulsion du batiment, occupé depuis fin décembre, prévue depuis la décision du tribunal d’instance du VIIIe arrondissement rendue le 15 février, s’est déroulée ce vendredi vers 7h du matin.
« Axa regrette que l’on en soit arrivé là. Il aurait été préférable que le collectif quitte l’immeuble volontairement », a déclaré le porte-parole de la compagnie d’assurance. « Les membres de Jeudi noir ne pouvaient rester dans ce local inadapté à l’habitation privée puisqu’il est destiné à un usage commercial. Pour des raisons de sécurité, nous ne pouvions laisser ces personnes dans ce bâtiment, vacant depuis 2006 en raison d’un conflit juridique opposant les copropriétaires quant à la gestion des parties communes. Et qui n’avait pas été contrôlé ni remis aux normes depuis lors. »
Axa et le collectif s’étaient rencontrés le 24 janvier. La compagnie avait proposé de reloger les membres de Jeudi noir en transmettant leur dossier à de nombreux acteurs du logement social, dont Logement français. A ce jour, les squatteurs n’ont pas donné suite à cette proposition qui « reste d’actualité », assure Axa.
« Nous ne sommes pas 25 mais des millions de mal-logés en France »
« Si une personne souhaite transmettre son dossier à Axa, elle peut le faire », répond Maxim H, membre de Jeudi noir. « Mais notre combat n’est pas individuel. Il ne s’agit pas de nous préoccuper de notre situation personnelle. Nous ne sommes pas que 25 mal-logés mais des millions en France! Nous n’accepterons pas la proposition d’Axa, l’important pour nous étant de continuer notre action pour inciter les politiques à agir en faveur du mal-logement et de la précarité. A ce titre, notre expulsion de ce matin est une victoire car elle a permis de faire connaître cette réalité. Nous la célébrerons ce vendredi soir à 18h devant le squat. »
« Notre combat contre le mal-logement est d’autant plus nécessaire que de nombreux bâtiments habitables sont vides. A l’instar de celui d’Axa, vacant depuis quatre ans, et qui va le rester puisque ses 2500 m² à 20 000 euros le m² servent de garanties financières à cette companie d’assurances qui va ainsi être bien notée par les agences de notation, pouvant dès lors facilement emprunter sur les marchés financiers », s’insurge Maxim.
« Cet immeuble sera réutilisé dès que le conflit juridique aura été tranché », promet de son côté le porte-parole d’Axa.

Jeudi Noir expulsé par Axa

Jeudi noir expulsion axa avenue matignon from resistencore on Vimeo.

Expulsion de Jeudi Noir. Sans commentaire


"Sans Commentaire" expulsion jeudi noir – Florian Pourchi
envoyé par Synaps-audiovisuel. – L'actualité du moment en vidéo.

L’évacuation du squat de l’avenue Matignon ordonnée

Le Figaro

Chassés une fois encore. Après leur expulsion d’un hôtel particulier de la place des Vosges à Paris en octobre, c’est d’un autre immeuble à l’adresse prestigieuse avenue Matignon- que les membres du collectif Jeudi Noir devraient être bientôt expulsés. Le tribunal d’instance du VIIIe arrondissement de Paris a en effet ordonné mardi matin l’«expulsion immédiate et sans délai» de la trentaine d’occupants de l’immeuble appartenant à l’assureur Axa, installés sans autorisation depuis le 27 décembre.

La justice a été saisie en référé par Axa, propriétaire de l’immeuble de bureaux de huit étages inoccupé depuis plus de quatre ans et situé à deux pas de l’Elysée. La décision du tribunal, qui invoque un « trouble manifestement illicite», a provoqué la colère du Collectif, qui dénonce les difficultés d’accès au logement des jeunes, le niveau des loyers, les logements et bureaux vides, et la spéculation immobilière. «Axa a obtenu l’expulsion de jeunes précaires au cœur de l’hiver. Mais on ne se laissera pas faire, on prépare notre défense», a déclaré Margaux Leduc, porte-parole de Jeudi Noir.

«Un jugement politique»

«On commence à avoir l’habitude», a réagi de son côté Christophe, 27 ans, l’un des squatteurs, qui s’est dit «pas surpris» par l’ordonnance du tribunal d’instance. «C’est un jugement tellement politique», a-t-il estimé : «Le tribunal est allé au-delà des demandes d’Axa en prononçant des astreintes.»

Le tribunal a ordonné une astreinte collective de 100 euros par jour à compter de mardi si les occupants n’évacuaient pas les lieux. S’ils ne partent pas d’eux-mêmes, la société Axa a laissé entendre qu’elle demanderait l’intervention de la force publique à la préfecture de police. «Cela dépendra du Collectif et de sa volonté de quitter volontairement l’immeuble. Mais effectivement, nous sommes dans la volonté d’obtenir l’évacuation de l’immeuble», a indiqué un porte-parole du groupe. Les squatteurs se préparaient à une intervention prochaine, « peut-être dans la journée » ou mercredi matin. «Nous n’avons pas l’intention de rendre cette expulsion facile», ont prévenu les militants.

Dans l’attente du jugement, les squatteurs avaient entrepris dès lundi soir de barricader les entrées de l’immeuble, surveillées en permanence par des policiers. Le collectif appelle par ailleurs à un «rassemblement de soutien» mardi soir à partir de 18 heures devant le bâtiment. Pour son initiative avenue Matignon, le Collectif a reçu le soutien de personnalités politiques.

Soutien de la gauche

Jean-Paul Huchon, le président PS de la région Ile-de-France, et Emmanuelle Cosse, vice-présidente chargée du logement (Europe Ecologie-Les Verts) ont estimé mardi qu’il était «aberrant d’expulser des jeunes précaires en plein coeur de l’hiver alors même que ce bâtiment est inoccupé depuis plusieurs années et que la crise du logement frappe particulièrement les étudiants et les jeunes».

Cécile Duflot, secrétaire nationale d’EELV, a reproché de son côté au gouvernement de ne plus «prendre de gants avec la jeunesse» alors qu’il «se garde bien de proposer les solutions pérennes en matière de logement».

«Nicolas Sarkozy reçoit les riches donateurs de l’UMP au Bristol et ce sont des mal logés de l’avenue Matignon qui règlent l’addition!», a déploré pour sa part la députée socialiste Aurélie Filippetti, demandant au ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux de ne pas faire procéder à l’expulsion.

Quant au Nouveau parti anticapitaliste (NPA), il juge que «les raisons invoquées pour justifier l’expulsion ne sont que des prétextes pour traquer un collectif qui pose de façon concrète le scandale des immeubles vacants alors que le mal logement ou l’absence de logement est toujours une cruelle réalité».

[LES REACTIONS] à l’expulsion de Jeudi Noir

Nouvel Obs

« Nicolas Sarkozy reçoit les riches donateurs de l’UMP au Bristol et ce sont des mal logés de l’avenue Matignon qui règlent l’addition! », a notamment déclaré la députée socialiste Aurélie Filippetti.

L’opposition a vivement réagi après que la justice a ordonné, mardi 15 février dans la matinée, l' »expulsion immédiate et sans délai » de l’immeuble vide avenue Matignon appartenant à l’assureur Axa et squatté depuis la fin décembre par un collectif « Jeudi Noir« . Voici les premières réactions politiques :

– Aurélie Filippetti, députée PS : « Nicolas Sarkozy reçoit les riches donateurs de l’UMP au Bristol et ce sont des mal logés de l’avenue Matignon qui règlent l’addition! Je demande au ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux de ne pas faire procéder, comme l’a ordonné la justice » mardi matin, « à l’expulsion des militants du collectif Jeudi noir de l’immeuble qu’ils occupent depuis le mois de décembre. Cette expulsion serait une provocation supplémentaire envers la jeunesse non héritière et mal logée de notre pays ». (Communiqué)

– Les Jeunes Socialistes : « Cette nouvelle condamnation (…) n’est qu’un révélateur de l’inaction du pouvoir en place face à un problème qui gangrène la France. Alors qu’il manque 2,5 millions de logements en France, le gouvernement refuse toujours de mettre en application la loi de réquisition des logements vides et d’engager un vaste plan de construction de logements. Le Mouvement des Jeunes Socialistes demande la mise en place de l’encadrement des loyers, la multiplication par quatre des amendes pour les communes ne respectant pas les 20% de logements sociaux et la réquisition par les préfets ou les tribunaux des logements inoccupés » (communiqué).

– Groupe PCF/parti de Gauche du Conseil de Paris : « En plein hiver, à deux pas de l’Elysée, le seul crime de ces jeunes précaires est de ne pas pouvoir suivre le train d’enfer de la spéculation immobilière parisienne. Quelques semaines après la publication du rapport de la Fondation Abbé-Pierre qui souligne une crise du logement jamais égalée, cette décision s’apparente à une provocation. Les élus du Groupe communiste et élus du parti de gauche apportent tout leur soutien au collectif Jeudi Noir » (communiqué).

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